Le 30 juin 2026, l’inspection générale de la Nasa a rendu public un rapport accablant de 43 pages sur le programme Starliner de Boeing. Ce document détaille les causes d’un échec cuisant : une capsule conçue pour transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS) a été clouée au sol après des défauts de conception majeurs et une gestion des risques défaillante.
Tout avait débuté en 2024, lorsque deux astronautes de la Nasa avaient rejoint l’ISS à bord de Starliner. Leur retour sur Terre a été annulé en raison de multiples problèmes techniques. La capsule a finalement atterri sans équipage, révélant des failles critiques. En février 2026, la Nasa avait classé l’incident de type A, soit d’une gravité extrême, et conclu que Starliner n’aurait jamais dû voler dans cet état.
Une précipitation aux conséquences lourdes
Le rapport identifie trois causes principales à ce fiasco. La première réside dans la confiance excessive accordée par la Nasa à Boeing. Forte de son expérience passée, l’agence aurait accéléré les tests et validé des composants sans les vérifier suffisamment, pariant sur la fiabilité du constructeur.
La seconde cause tient à un calendrier irréaliste. Dès 2021, la Nasa tablait sur un premier vol habité dans les six mois. Pourtant, le lancement n’a eu lieu qu’en juin 2024, après des retards répétés. Cette pression aurait poussé Boeing à bâcler certaines phases de développement, notamment sur des systèmes critiques.
La troisième faille concerne l’opacité des données. Le contrat liant la Nasa à Boeing prévoyait un accès aux simulateurs de vol du constructeur. Or, l’agence n’a jamais pu consulter ces outils, laissant Boeing travailler en vase clos. Résultat : des problèmes de conception sont passés inaperçus jusqu’au vol réel.
L’enquête révèle aussi un contexte interne dégradé. En 2025, la division dédiée au programme habité commercial de la Nasa a subi des coupes budgétaires drastiques. Ses effectifs ont chuté de 21 %, ralentissant drastiquement l’analyse des anomalies détectées sur Starliner après son retour forcé.
Aujourd’hui, la capsule reste clouée au sol. Jared Isaacman, administrateur de la Nasa, avait évoqué en février 2026 la possibilité de poursuivre la collaboration avec Boeing. Mais les délais s’allongent : la certification de Starliner n’est pas attendue avant la fin de l’année 2026. Dans le meilleur des cas, un nouveau vol habité pourrait intervenir en 2027, mais l’ISS sera alors en phase de retrait progressif.
Des effectifs en chute libre
D’ici là, Boeing devra corriger l’ensemble des défauts identifiés. Une utilisation en version cargo, sans équipage, reste envisagée avant la destruction programmée de la station spatiale. Les incertitudes sur le calendrier et l’avenir de Starliner s’ajoutent à un bilan déjà lourd pour l’image de la Nasa et de son partenaire industriel.
- Numerama
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