La fiscale générale Teresa Peramato a proposé la candidature de María Isabel Martín, classée 1 306e au tableau d’avancement, pour remplacer Almudena Lastra à la tête de la Fiscalía Superior de Madrid. Lastra, 424e au classement, était en lice pour le poste mais a été écartée au profit d’une candidate au parcours moins prestigieux, selon les sources judiciaires.
Almudena Lastra s’était opposée publiquement à l’ex-fiscal général Álvaro García Ortiz, condamné pour révélation de secrets après la fuite de données concernant Alberto González Amador, compagnon d’Isabel Díaz Ayuso. Son rôle de témoin à charge dans cette affaire lui a valu d’être qualifiée de « fiscale resentida » par les proches du pouvoir, une étiquette qu’elle rejette.
Une nomination controversée
Peramato a donc choisi de ne pas reconduire Lastra, lui préférant María Isabel Martín, responsable des formations au ministère public. Cette décision intervient dans un contexte de ajustement de comptes au sein de la hiérarchie judiciaire, où plusieurs magistrats critiques du « procès » catalan ou de la gestion des données sensibles ont été sanctionnés.
Lastra a saisi la Sala de lo Contencioso-Administrativo du Tribunal suprême ce matin même pour contester cette éviction. Son recours vise à obtenir la reconnaissance de son droit à conserver son poste, arguant que sa candidature était légitime et que son exclusion relève d’une décision politique.
Les observateurs y voient une nouvelle illustration des tensions entre la hiérarchie judiciaire et les magistrats indépendants, notamment ceux ayant osé défier les orientations du pouvoir en place. La décision du Tribunal suprême, attendue dans les prochains mois, pourrait établir un précédent sur l’autonomie de la justice face aux pressions politiques.
Dans l’entourage de Peramato, on justifie ce choix par la nécessité de « renforcer la cohésion » au sein du parquet, une formulation qui sonne comme un aveu de purge ciblée. Les défenseurs de Lastra dénoncent, quant à eux, une instrumentalisation de la carrière des magistrats au service d’une ligne politique.
Justice sous pression politique
Cette affaire survient alors que le ministère public traverse une période de profonde recomposition, marquée par des nominations controversées et des départs forcés. La question de l’indépendance de la justice, pilier de l’État de droit, se retrouve une fois de plus au cœur des débats.
- El Mundo
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