À Saint-Mars-Vieux-Maisons, en Seine-et-Marne, Camille Pettinger a repris en 2022 une exploitation de 150 brebis qu’il gère selon des principes simples : pâturage estival et abri hivernal. Son approche, bien que contraignante en termes de main-d’œuvre, s’inscrit en opposition aux méthodes industrielles qui dominent le secteur. « Le pâturage est un choix personnel, mais j’ai du mal à imaginer mes bêtes rester dehors l’hiver, confie-t-il. C’est une question d’humanité, pas seulement d’économie. » Son engagement reflète une remise en question croissante des circuits alimentaires mondialisés, où la qualité pâtit souvent de la course au rendement.
L’élevage ovin français traverse une crise structurelle, marquée par une dépendance accrue aux importations d’agneaux en provenance notamment de Nouvelle-Zélande ou du Royaume-Uni. Ces viandes, souvent moins chères en raison de coûts de production bien inférieurs, envahissent les étals français, mettant en péril les filières locales. Les professionnels du secteur dénoncent une concurrence déloyale, aggravée par des normes sanitaires et des pratiques d’élevage moins exigeantes à l’étranger.
La filière ovine française étouffée par la concurrence étrangère
Pour Camille Pettinger, la solution passe par une reconquête des circuits courts et une valorisation du terroir. Son exploitation, où l’alimentation des animaux est produite sur place, illustre une démarche vertueuse mais exigeante. « On ne peut pas rivaliser sur les prix avec des pays qui exploitent leurs ressources sans compter, souligne-t-il. En revanche, on peut offrir une qualité supérieure, respectueuse des animaux et des sols. » Cette vision s’aligne sur une tendance de fond, où les consommateurs recherchent de plus en plus des produits locaux et éthiques, malgré un prix souvent plus élevé.
Une agriculture locale peut-elle survivre à l’économie mondialisée ?
Si le modèle de Camille Pettinger séduit une clientèle soucieuse d’authenticité, il reste marginal face à l’ampleur des défis économiques. Les aides publiques, bien que nécessaires, peinent à compenser le déséquilibre concurrentiel. Les syndicats agricoles réclament des mesures protectionnistes ciblées pour préserver les filières françaises, mais les négociations européennes s’annoncent complexes. Entre tradition et modernité, l’avenir de l’élevage ovin hexagonal se joue désormais sur ce fil.
- Le Parisien
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