L'humoriste Nino Arial était l'invité du Monde d'Élodie Suigo mardi 5 mai 2026. Actuellement en tournée dans les Zéniths avec son spectacle Pas comme eux, il y aborde sans tabou les thèmes qui traversent la société française. Pour lui, le rire n'est pas une simple distraction : c'est une forme de résistance.

Le titre de son spectacle, Pas comme eux, reflète cette volonté de se démarquer. « C'est un titre qui définit toutes les personnes qui essaient de nous polariser aujourd'hui, explique-t-il. Le but, c'est de ne pas être comme eux. » Sur scène, il assume un ton libre, loin des injonctions à modérer son humour. « On nous dit qu'il faut arrêter de rire de tout, mais dans une salle, on rit ensemble, de nous, et c'est ça qui rassemble.

Un titre qui résume une époque

Nino Arial évoque aussi son enfance à Vayres, près de Libourne. Un village de 300 habitants où « l'ouverture culturelle n'existe pas ». « En marchant sur la place du marché, je me suis assis et j'ai réalisé que c'était un miracle d'en être là aujourd'hui. » Ce contraste entre son passé et sa carrière actuelle nourrit son spectacle.

Son parcours n'a pas été linéaire. Diplômé d'une école de commerce, il devient youtubeur à 26 ans. Ses débuts sont difficiles : pendant un an, ses vidéos ne rencontrent presque aucun écho. Tout bascule avec un sketch sur le harcèlement scolaire. « J'ai réalisé que j'appartenais aux 98 % de harceleurs silencieux, ceux qui voient mais ne disent rien. » Cette vidéo, devenue virale, marque un tournant dans sa carrière.

Sur scène, il assume une liberté de ton rare. « Je me suis toujours dit : sur scène, ne t'impose pas de limites. Si tu te limites, tu as perdu. » Il raconte avoir osé dire à ses parents, devant 7 000 personnes, qu'il les aimait. « Devant eux, je n'aurais jamais pu. Mais sur scène, j'étais dans ma zone de confort.

Nino Arial revient aussi sur les regards qu'il a dû surmonter. « J'étais l'ancien petit gros, celui que les filles ne regardaient pas. Il a fallu s'affranchir du regard des autres, mais aussi de mon propre regard. » Aujourd'hui, il assume pleinement sa place sur scène, même si cela signifie parfois prendre des risques. « On nous dit qu'il ne faut plus rien dire. Moi, je dis : parlons de tout.

Le rire comme acte de résistance

Quand il monte sur scène, il pense souvent à ses idoles d'enfance, Jamel Debbouze et Gad Elmaleh. « À chaque fois que la lumière s'allume, je me dis : mais c'est moi ? J'ai presque l'impression que tout est faux. » Pourtant, chaque soir, des milliers de personnes viennent rire avec lui. « C'est un vrai bonheur de voir des gens de tous horizons rire à l'unisson.

Sources :
  • France Info

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