Les autorités ougandaises viennent d’annoncer l’introduction de contrôles renforcés pour les véhicules les plus polluants circulant dans Kampala. Cette mesure s’inscrit dans un contexte où la qualité de l’air dans la capitale dépasse régulièrement les limites fixées par l’OMS, avec des pics pouvant atteindre douze fois les seuils admissibles. Selon les dernières données disponibles, cette pollution atmosphérique serait responsable de milliers de décès prématurés chaque année dans l’agglomération.
Une crise sanitaire sous-estimée
Les transports routiers, notamment les vieux véhicules d’occasion importés d’Europe ou d’Asie, constituent la principale source de ces émissions nocives. Les autorités locales pointent du doigt l’absence de normes strictes en matière de contrôle technique et l’utilisation de carburants de mauvaise qualité, souvent importés en contrebande. Kampala, ville en pleine expansion démographique, voit sa flotte automobile croître sans que les infrastructures ne suivent.
Les véhicules, principaux coupables
Les conséquences sanitaires de cette pollution sont déjà visibles. Les hôpitaux de la capitale enregistrent une hausse des consultations pour des pathologies respiratoires aiguës, des allergies et des maladies cardiovasculaires. Les enfants et les personnes âgées, populations les plus vulnérables, paient le plus lourd tribut. Les spécialistes locaux estiment que la pollution de l’air tue davantage que le VIH dans le pays, selon les dernières statistiques sanitaires nationales.
Face à cette crise, le gouvernement ougandais a décidé d’agir en ciblant en priorité les véhicules les plus anciens et les plus polluants. Les contrôles porteront sur les émissions de particules fines et d’oxydes d’azote, deux polluants particulièrement nocifs pour la santé publique. Les contrevenants s’exposeront à des amendes ou à une immobilisation temporaire de leur véhicule.
Cette initiative s’ajoute à d’autres mesures prises ces dernières années pour tenter de limiter l’impact de la pollution atmosphérique. Parmi elles, la promotion des transports en commun et l’encouragement à l’utilisation de véhicules électriques. Cependant, ces solutions restent limitées par le manque de moyens financiers et logistiques, ainsi que par la résistance des habitudes de mobilité de la population.
Des solutions encore trop timides
Les associations locales de défense de l’environnement saluent cette décision, mais soulignent son caractère insuffisant. Elles réclament des mesures plus ambitieuses, comme l’interdiction pure et simple des véhicules diesel dans un délai de cinq ans ou la mise en place d’un système de péage urbain pour réduire la circulation en centre-ville. Pour elles, le temps des demi-mesures est révolu.
- The Telegraph
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