Quarante-sept personnes ont été placées en garde à vue à Paris samedi, en marge d'une manifestation interdite organisée par un groupe classé à l'ultradroite et de sa contre-manifestation antifasciste, également prohibée. Selon la préfecture de police, les forces de l'ordre ont réalisé 98 interpellations, dont quarante-sept gardes à vue, ciblant militants d'ultradroite comme d'ultragauche dans plusieurs quartiers de la capitale.

Ces interpellations visaient principalement des faits de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, de violences volontaires en réunion et de port d'armes prohibées. Le parquet a recensé 43 majeurs et trois mineures, dont deux non domiciliées à Paris.

Le poids des interdictions judiciaires

Parmi les motifs retenus figuraient également l'outrage et la dissimulation volontaire du visage sans motif légitime lors d'une manifestation accompagnée de troubles à l'ordre public. Par ailleurs, 182 personnes ont été verbalisées pour non-respect de l'arrêté d'interdiction, a précisé la préfecture.

L'interdiction des rassemblements a évité une confrontation directe dans les rues de Paris.

« Des militants des deux mouvances ont tenté de se regrouper dans les rues de Paris avec l'objectif de se confronter mais en ont été empêchés », a indiqué la préfecture, précisant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Une manifestation organisée par le Comité du 9-Mai, groupe classé à l'ultradroite, avait été interdite par la préfecture de police, tout comme sa contre-manifestation antifasciste intitulée « Pas de nazis dans Paris ». Saisis par le Comité, le tribunal administratif puis le Conseil d'État avaient confirmé l'interdiction en invoquant le risque de trouble à l'ordre public.

La préfecture avait justifié cette décision en évoquant la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon en février, ainsi que la présence de saluts nazis observés dans le cortège du Comité du 9-Mai en 2025. Ce groupe manifeste chaque année à Paris pour commémorer Sébastien Deyzieu, militant d'extrême droite décédé accidentellement en 1994.

Les saluts nazis observés en 2025 ont pesé dans la décision de justice.

L'an dernier, une manifestation similaire avait été initialement interdite avant d'être autorisée par le tribunal administratif, permettant à un millier de militants d'ultradroite de défiler dans la capitale, majoritairement masqués et arborant des symboles néonazis.

Une mobilisation encadrée par la loi

Les forces de l'ordre ont déployé un dispositif renforcé pour éviter tout affrontement entre les deux groupes. Malgré les tentatives de regroupement, les services de police ont maintenu leur position, empêchant toute confrontation directe sur la voie publique.

Sources :
  • Times of Israel

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