Pour son dernier jour d'interrogatoire devant la cour d'appel de Paris dans le cadre du procès des "financements libyens", Nicolas Sarkozy a martelé qu'aucun virement, aucun centime, ne pouvait être tracé, directement ou indirectement, vers sa campagne présidentielle de 2007. "Quatorze ans après, il n'y a pas un virement, pas un centime", a-t-il déclaré à la barre, alors que ses avocats présentaient des éléments comptables produits la semaine précédente.

Ces documents proviennent d'une clé USB remise par l'ancienne épouse de Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais décédé en septembre 2023. Selon la défense, sur les 9,2 millions d'euros perçus par Takieddine en provenance de Libye, près de 3,8 millions d'euros étaient destinés à des dépenses de Mohammed Senoussi, avec des fonds détournés des services secrets libyens dirigés par son père, Abdallah Senoussi.

Une défense centrée sur l'absence de preuve

Nicolas Sarkozy a questionné la notion même de rétrocommission : "Si ça ne correspond pas à des rétrocommissions, qu'est-ce qu'une rétrocommission ?" Il a insisté sur l'absence totale d'insinuation de financement de sa campagne dans les 19 000 documents examinés. "Sur ces 19 000 documents, il n'y a pas la plus infime insinuation du financement de ma campagne", a-t-il affirmé, ajoutant : "Il me semble que pour la cour, la clé 'Tak' colore le dossier".

Un des avocats généraux, Damien Brunet, a rappelé que Ziad Takieddine avait évoqué en 2011 des relations financières avec les Senoussi. Sarkozy a répondu en citant le jugement de première instance, qui affirmait l'absence de rétrocommission. "Ce qui me fait dire que c'est nouveau, c'est la lecture du jugement du tribunal correctionnel indiquant très clairement qu'il n'y avait pas de rétrocommission", a-t-il souligné.

L'ancien président a rappelé que la question centrale restait l'existence d'un indice, même minime, de financement de sa campagne. "La question centrale, c'est : est-ce qu'on trouve le début d'un commencement d'un indice du financement de ma campagne ? C'est ça qui importe", a-t-il déclaré. En première instance, il avait été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs.

Les avocats des parties civiles doivent plaider mardi et mercredi, avant les réquisitions des avocats généraux la semaine prochaine. La fin du procès est prévue le 27 mai. Sarkozy a été libéré sous contrôle judiciaire après 20 jours de détention.

Les éléments présentés par la défense s'appuient sur des documents issus d'une clé USB remise par l'ex-épouse de Ziad Takieddine, mettant en avant des transferts financiers entre Senoussi et Takieddine. Ces montants, selon l'accusation, auraient pu servir à des rétrocommissions, mais Sarkozy conteste toute implication de ces fonds dans sa campagne.

Les documents produits par la défense

L'ancien chef de l'État a également évoqué la crédibilité des sources, soulignant que les documents produits par ses avocats provenaient de l'ex-épouse d'un intermédiaire décédé, sans lien direct avec sa campagne. La défense a insisté sur l'absence de preuve tangible, malgré les années d'enquête.

Sources :
  • BFMTV

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO