Les cours du pétrole ont reculé en Asie ce lundi après que le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé un cadre d'accord mettant fin à la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Selon les propos du président américain Donald Trump, cet accord prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport du pétrole mondial.
Le baril de Brent, référence mondiale du pétrole, affichait une baisse de 4,3 %, s'échangeant à 83,55 dollars (62,10 livres sterling) en début de journée. Le cours du pétrole américain reculait quant à lui de 4,9 %, à 80,74 dollars le baril. Une cérémonie officielle de signature est prévue vendredi 19 juin en Suisse, a précisé Shehbaz Sharif.
Un accord sous haute tension
Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a confirmé lors d'un appel téléphonique diffusé sur la télévision d'État iranienne qu'un accord avait été finalisé avec les États-Unis. Donald Trump a salué l'événement sur les réseaux sociaux en déclarant : « Que le pétrole coule à flots ».
Cependant, Vandana Hari, analyste chez Vanda Insights spécialisée dans les marchés de l'énergie, a mis en garde contre un manque de précisions sur les termes de l'accord. « L'absence de détails risque d'injecter inquiétude et incertitude sur les marchés », a-t-elle souligné. Une semaine de volatilité pourrait ainsi s'ouvrir pour le marché pétrolier.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié, est en effet resté fermé depuis les frappes aériennes américaines et israéliennes lancées contre l'Iran fin février. Téhéran avait menacé de cibler les navires empruntant cette route vitale en cas de conflit prolongé.
Les marchés énergétiques mondiaux connaissent depuis des mois des fluctuations brutales, les cours réagissant au gré des développements dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran. Le baril de Brent, qui s'échangeait autour de 70 dollars avant le début des hostilités, avait atteint environ 120 dollars en pleine guerre.
Les experts du secteur énergétique estiment que le rétablissement complet du trafic pétrolier dans le détroit ne sera pas immédiat. Andrew Lipow, consultant chez Lipow Oil Associates, a indiqué que le déminage des eaux du détroit pourrait prendre de quelques semaines à six mois. Il a également souligné l'existence d'un important retard dans l'évacuation des pétroliers en attente.
Les marchés en ébullition
Le redémarrage de la production pétrolière iranienne et la reprise des opérations de chargement des navires pourraient, quant à eux, nécessiter plusieurs semaines. Malgré cette incertitude, les marchés asiatiques ont réagi positivement à l'annonce de l'accord, les indices boursiers enregistrant des hausses significatives.
- BBC News
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


