Le studio ukrainien Frogwares, fragilisé par la guerre en Ukraine, a multiplié les efforts pour financer The Sinking City 2. Entre financement participatif et réédition remasterisée du premier opus, le studio a tenté de garder la tête hors de l'eau. Mais derrière cette résilience se cache une question brûlante : ce premier contact avec l'action-horreur de la franchise honore-t-il vraiment son héritage artistique ?
Un virage risqué vers l'action
La démo proposée, d'une durée d'environ une heure en mode difficile, propose deux segments distincts. D'abord une exploration à la bibliothèque puis à l'église d'Arkham, ensuite une incursion dans les couloirs de l'hôpital, en marge de la cité inondée. La bagarre y est reine, avec des armes à feu, des ennemis aux pustules vulnérables et une ambiance lovecraftienne bien présente. Le message est clair : The Sinking City 2 mise sur l'action pure.
Pourtant, les sensations de combat peinent à convaincre. The Sinking City 2 emprunte à Resident Evil sa vue à la troisième personne et sa gestion d'inventaire, mais l'impact des tirs est désastreusement mou. Les ennemis s'effondrent sans animation, les éclaboussures de sang ne collent pas à l'éclairage Unreal Engine 5, et une bonbonne de gaz explose sans effet sur les parasites à proximité. Le manque de finition saute aux yeux.
Des combats qui manquent de mire
Le bestiaire réserve quelques surprises, comme un cracheur de vomi acide ou un mini-boss à la chair écorchée, mais la démo s'arrête avant de permettre de les affronter. Les combats manquent de dynamisme, et les mécaniques de tir laissent une impression de flottement. Pourtant, certaines mécaniques fonctionnent mieux : le fusil à pompe et la mitraillette offrent une satisfaction immédiate.
Sous l'atmosphère lovecraftienne, Frogwares innove avec des personnages surprenants, comme ce traducteur qui manipule les « Slithers » en les implantant dans ses orbites sans perdre sa courtoisie. L'exploration d'Arkham en canot, évoquant The Last of Us Part II, suscite une émotion particulière. Les enquêtes, bien que rustres dans leur présentation, reposent sur un principe solide : relier des indices pour résoudre des énigmes.
Le level design, agréable à parcourir, alterne action, exploration et gestion de ressources. L'hôpital, en particulier, semble promettre un contenu de qualité. Si The Sinking City 2 ne révolutionne pas le survival-horror, il satisfait l'appel du genre pour les amateurs confirmés. Reste à savoir si le studio ukrainien parviendra à rehausser l'ensemble avant la sortie officielle.
L'atmosphère lovecraftienne en embuscade
La démo laisse entrevoir un mélange de bonnes idées et de lacunes criantes. Entre l'action poussive et l'horreur lovecraftienne, le jeu peine à trouver son équilibre. Les attentes sont élevées, mais les sensations promises peinent à émerger. Le temps imparti à la prévisualisation n'a pas suffi à trancher.
- Gamekult
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