Une vaste enquête fédérale a révélé comment des gangs transnationaux basés en Inde ont transformé la Californie en caisse enregistreuse criminelle, générant des millions de dollars grâce à des réseaux d’extorsion, des contrats de meurtre, du trafic de drogue et d’armes. Onze membres présumés de ces organisations et leurs affidés ont été interpellés mardi dans l’État doré, dans le cadre de l’opération « Hard Ball ».

Le procureur fédéral de Los Angeles, Bill Essayli, a qualifié ces gangs d’puissances criminelles invisibles, accumulant des profits illicites colossaux issus de deals de stupéfiants, d’extorsions, de ventes d’armes et de vols. « Ces organisations criminelles se sont livrées à une violence généralisée, incluant des assassinats ciblés, des extorsions et des enlèvements », a-t-il déclaré, précisant qu’elles avaient « inondé des communautés américaines de quantités massives de cocaïne et de méthamphétamine ».

Une emprise criminelle à distance

Les documents judiciaires exposent l’emprise supposée de ces syndicats criminels indiens sur la Californie, malgré la détention de leurs chefs à des milliers de kilomètres. Le gang Bishnoi, fondé par Lawrence Bishnoi et incarcéré en Inde, aurait utilisé WhatsApp pour coordonner le transport de centaines de livres de drogue à travers l’État et extorquer des victimes à Los Angeles et Thousand Oaks.

Des prisons indiennes transformées en QG criminels. La distance n’a pas stoppé la machine à tuer.

« À l’aide de téléphones de contrebande et d’autres appareils introduits clandestinement dans sa cellule, le prévenu Bishnoi a personnellement dirigé des assassinats politiques, des meurtres, des tirs, des extorsions, des enlèvements, du trafic de drogue, de la contrebande humaine et d’autres crimes », indiquent les actes d’accusation. Entre mars 2024 et juillet 2025, le gang est accusé d’avoir volé environ 1 150 livres de cocaïne à des rivaux dans la région de Los Angeles.

Un lieutenant du gang Bishnoi, Rajan Bhatti, aurait tenté d’extorquer 200 000 dollars à un agent fédéral infiltré, se faisant passer pour un expatrié fortuné. « Nous allons vous faire du mal », aurait-il menacé. « Vos enfants, votre famille, tout le monde. Peu m’importe de tuer quelqu’un. C’est ce que je fais.

Un autre réseau criminel, le gang Bhagwanpuria, dirigé depuis une prison indienne par Jaggu Bhagwanpuria, 38 ans, est accusé d’exploiter ses connexions pour extorquer des victimes. Gurlal Singh, 22 ans, membre de ce gang et résidant à Stockton, aurait conspiré avec un policier corrompu dans l’État indien du Pendjab pour accuser à tort des victimes de meurtre et les faire chanter.

« Peu m’importe de tuer quelqu’un. C’est ce que je fais. » La phrase d’un accusé résume l’horreur.

Un autre accusé, Gurdev Singh, 26 ans, aurait tenté d’extorquer une famille depuis sa détention par les services d’immigration, menaçant d’« mettre des balles dans vos enfants » via des appareils de communication clandestins. Jaggu Bhagwanpuria, lui, aurait « personnellement dirigé le transport et la distribution de grandes quantités de cocaïne en Californie depuis sa prison en Inde », selon les procureurs.

Le poids des chiffres dans l’enquête

Les autorités fédérales ont également inculpé Ravinder Singh Dhanda, 57 ans et résident de la Colombie-Britannique, pour le trafic de centaines de livres de cocaïne et de méthamphétamine chaque semaine entre les États-Unis et le Canada. Son réseau utilisait des camions semi-remorques et des véhicules agricoles pour acheminer les stupéfiants depuis Los Angeles, West Covina, Ontario, Fontana et Perris jusqu’à la frontière américano-canadienne.

Sources :
  • New York Post

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