Près de 50 millions de Britanniques, y compris des salariés au salaire minimum, pourraient être soumis au taux marginal de 40 % d’ici 2075. C’est l’avertissement lancé par l’Office for Budget Responsibility (OBR), le gendarme des finances publiques britannique, dans son dernier rapport sur les risques budgétaires à long terme du pays.
Selon les projections de l’OBR, les dépenses primaires de l’État devraient passer de 40 % du PIB en 2030-2031 à 49 % en 2075-2076. Une telle trajectoire entraînerait une explosion de la dette publique, qui pourrait atteindre trois fois la taille de l’économie britannique, soit environ 8 500 milliards de livres sterling en valeur actuelle d’ici la fin de la période.
L’effet ciseau des dépenses et de la fiscalité
L’OBR souligne que des chocs similaires à ceux des dernières années rendraient ces niveaux d’endettement « très rapidement insoutenables », pouvant dépasser 1 000 % du PIB. Mais l’organisme met en garde : combler l’écart par une hausse des impôts ne ferait qu’aggraver les arbitrages budgétaires et augmenter les risques.
Sous un scénario alternatif où les seuils fiscaux seraient indexés sur l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (CPI), la dette publique pourrait s’envoler jusqu’à 300 % du PIB dans les décennies à venir. Pourtant, même dans ce cas, les recettes fiscales resteraient stables à 41 % du PIB sur les 50 prochaines années, selon les hypothèses de l’OBR.
L’organisme relève que les seuils d’imposition sur le revenu sont gelés depuis huit ans, ce qui pousse des millions de contribuables vers des tranches marginales plus élevées. Si ces seuils étaient revalorisés chaque année selon le CPI, deux tiers des Britanniques — soit environ 47 millions sur une population estimée à 71 millions — basculeraient dans la tranche à 40 %. Une telle situation aurait un « impact majeur sur les incitations au travail », selon l’OBR.
« Cela impliquerait qu’à la fin de la période de projection de 50 ans, environ deux tiers de la distribution des revenus pourraient payer l’impôt sur le revenu au taux marginal de 40 % ou plus », précise le rapport. « Un travailleur à temps plein au salaire minimum national deviendrait un contribuable à taux marginal élevé à la fin des années 2060.
L’OBR estime que cette hausse durable des taux moyens et marginaux d’imposition aurait un « effet négatif important sur l’offre de travail ». Elle s’ajouterait aux augmentations significatives de la fiscalité depuis la pandémie. Le ratio impôts/PIB du Royaume-Uni devrait passer de 37 % en 2019-2020 à 43 % en 2030-2031, selon les prévisions.
La santé, variable clé de l’explosion des coûts
Les comparaisons de l’OCDE montrent que les taux moyens et marginaux d’imposition sur le travail au Royaume-Uni sont actuellement alignés sur la moyenne des économies avancées et du G7. Une hausse prolongée de la fiscalité du travail placerait le pays au-dessus de ces moyennes. L’OBR met en garde contre des impacts particulièrement marqués sur l’offre de travail dans certaines tranches de revenus.
- Daily Mail
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