Les achats de logements en Andalousie ont reculé de 8,5 % en avril par rapport à l'année précédente, selon les données du Conseil général du notariat. Pourtant, les prix ont progressé de 8,6 %, s'établissant à une moyenne de 1 559 euros le mètre carré. Sur le mois, 11 598 transactions ont été enregistrées dans la région, soit le plus haut niveau parmi toutes les communautés autonomes. Parallèlement, 5 825 prêts immobiliers ont été souscrits.
À l'échelle nationale, depuis octobre 2025, les ventes de logements cumulent sept mois consécutifs de baisse. Cette tendance révèle un déséquilibre persistant entre l'offre disponible et la demande réelle, maintenant les prix à la hausse. L'effort d'achat des ménages andalous s'alourdit : en moyenne, 35,4 % de leur revenu disponible est consacré au remboursement de la première année d'emprunt, contre 35,7 % pour l'ensemble de l'Espagne.
Le second trimestre 2026 confirme cette dynamique. Les prix en Andalousie ont progressé de 10,4 % sur un an, soit près de cinq points de moins que la hausse nationale de 15,2 %. Pourtant, l'augmentation trimestrielle y est plus marquée (+4,3 % contre +3,7 % en Espagne). Malgré cela, l'Andalousie reste en moyenne 10,3 % en dessous des sommets de la bulle immobilière de 2007-2008, alors que l'Espagne s'en approche à seulement 0,7 %. Les Baléares, Madrid, les Canaries, Melilla, la Cantabrie, les Asturies et Ceuta ont déjà dépassé leurs records historiques.
Dans la région, seules Malaga et Séville affichent des prix supérieurs à ceux de 2007-2008. À Malaga, le mètre carré atteint désormais 2 937 euros, soit une hausse de 15 % sur un an et un niveau supérieur de 7 % au pic de la bulle. Le coût d'accès à la propriété y est le plus élevé d'Andalousie : près de 52 % du revenu disponible d'un ménage est consacré au paiement d'une mensualité de prêt immobilier.
Séville n'est pas en reste. Le prix moyen y atteint 2 589 euros le mètre carré en capitale, en progression de 2,7 % depuis 2007. Dans cette province, l'effort d'achat s'élève à 45 % du revenu disponible. À Cadix, où le mètre carré coûte 1 914 euros en moyenne, l'effort requis atteint 39,2 %. La capitale provinciale affiche un prix de 2 788 euros le mètre carré, proche de celui de Malaga mais encore inférieur de 6,6 % à son sommet historique.
Huelva et Almería enregistrent des hausses respectives de 13,6 % et 8,8 %, avec des prix moyens de 1 495 et 1 405 euros le mètre carré. Cordoue et Jaén restent les provinces les moins chères de la région, à 1 173 et 950 euros le mètre carré.
Le recul des transactions, observé par le notariat, ne soulage pas le marché. Au contraire, le déficit de logements disponibles maintient la pression sur les prix. Malaga, Séville et Cadix concentrent les difficultés d'accès à la propriété, avec respectivement 34,8, 38 et 28,3 ventes pour 1 000 logements.
La situation en Andalousie illustre un phénomène plus large en Espagne, où l'immobilier reste un secteur sous tension. Malgré la baisse des volumes, les prix continuent de s'envoler, alimentés par une demande persistante et une offre insuffisante. Les ménages, en particulier dans les grandes villes, doivent consentir des efforts financiers toujours plus importants pour accéder à la propriété.
- La Razón
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