Le parquet de Paris a ordonné une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après le décès d’un homme de 78 ans, survenu en garde à vue au commissariat du 20e arrondissement de Paris. L’autopsie menée sur la victime, décédée mercredi 1er juillet, « ne relève aucune lésion de prise, de maintien ni de défense », selon le parquet, qui précise que cette conclusion a été rendue ce vendredi 3 juillet.
L’enquête confiée à l’IGPN, surnommée la « police des polices », vise à établir les causes exactes de ce décès. Le parquet de Paris a confirmé avoir diligenté cette procédure après la mort de l’homme en détention provisoire. Placé en garde à vue mardi matin pour une enquête ouverte sur des violences conjugales, son état de santé avait été jugé compatible avec cette mesure, prolongée le même soir.
L'absence de traces de lutte confirmée
Selon le ministère public, les policiers l’ont vu une dernière fois à 9 heures mercredi matin « sans qu’aucune anomalie » ne soit signalée. À 10h40, il a été découvert inanimé dans sa cellule. Malgré les soins d’urgence prodigués, dont l’utilisation d’un défibrillateur, son décès a été constaté vers 11 heures. La température des locaux était de 26 degrés lors de sa découverte.
Le commissariat du 20e arrondissement avait été saisi en janvier dernier à la suite du témoignage d’une femme affirmant subir « depuis plus de 50 ans des maltraitances » de la part de son conjoint, également détenteur d’armes à domicile. Les auditions menées dans ce cadre ont révélé que les enfants du couple dénonçaient aussi des agressions sexuelles et des violences psychologiques de leur père.
Cette mort intervient quelques mois après celle d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, décédé en janvier lors de sa garde à vue dans les mêmes locaux. Sa famille avait alors évoqué des violences policières, sans que cette hypothèse n’ait été confirmée par les investigations.
Le parquet de Paris n’a pas précisé si l’homme de 78 ans faisait l’objet de poursuites pour les violences conjugales signalées en janvier. Les résultats définitifs de l’enquête de l’IGPN, attendus dans les prochaines semaines, devraient éclairer les circonstances exactes de ce décès et les éventuelles responsabilités en jeu.
Un contexte judiciaire lourd
Dans l’attente, cette affaire relance le débat sur les conditions de détention en commissariat et la prise en charge des personnes vulnérables placées en garde à vue.
- BFMTV
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