Une enquête publiée par le journal belge 'De Tijd' révèle que six juges sur dix ignorent la durée réelle des incarcérations qu’ils infligent. Selon les données recueillies, cette méconnaissance systématique des durées de peine pourrait entraîner des condamnations plus lourdes que nécessaire. Les chiffres, issus d’une étude récente, soulèvent des questions sur l’équité des décisions judiciaires en Belgique.

Un biais systématique dans les décisions judiciaires

Les magistrats concernés minimisent en moyenne de 20 % la durée des peines qu’ils prononcent, selon les conclusions de l’enquête. Cette sous-évaluation s’observe notamment pour les peines supérieures à cinq ans, où l’écart entre la durée estimée et la réalité peut atteindre plusieurs années. Les auteurs de l’étude pointent un manque de données actualisées à disposition des juges lors de leurs délibérés.

Les outils de suivi des peines jugés insuffisants

Le quotidien belge précise que cette méconnaissance touche tous les niveaux de juridiction, des tribunaux correctionnels aux cours d’appel. Les magistrats interrogés admettent volontiers leur difficulté à évaluer avec précision les durées d’incarcération, faute d’outils adaptés. Certains évoquent un besoin criant de formations complémentaires sur le suivi des peines et leur exécution concrète.

Les conséquences de cette méconception sont multiples. D’abord, elle peut conduire à des peines surévaluées, privant les condamnés d’une chance de réinsertion progressive. Ensuite, elle fausse la perception des durées de détention par les justiciables, renforçant un sentiment d’injustice. Enfin, elle alourdit la charge des établissements pénitentiaires, déjà sous tension en Belgique.

Les auteurs de l’étude appellent à une refonte des pratiques judiciaires pour corriger ce biais. Ils proposent notamment la mise en place d’un système d’information centralisé, permettant aux magistrats d’accéder en temps réel aux durées réelles des peines déjà prononcées. Une telle mesure pourrait, selon eux, réduire les erreurs de 30 % d’ici deux ans.

Les répercussions sur les condamnés et les prisons

Le ministère de la Justice belge n’a pas encore réagi officiellement à ces conclusions. Interrogé par 'De Tijd', un porte-parole a simplement indiqué que le sujet faisait l’objet d’une réflexion interne sans préciser de délai pour une éventuelle réforme.

Sources :
  • HLN

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