Derrière Sol Cesto se cache Tambouille, un trio de créateurs français qui a consacré trois ans à façonner ce projet. Leur ambition ? S’imposer dans l’univers florissant des roguelites et des jeux inspirés de Balatro, un genre où la stratégie côtoie l’aléatoire. Présenté lors du dernier Steam Next Fest, le jeu a rapidement attiré l’attention des joueurs indépendants, séduits par son approche mêlant profondeur et accessibilité.
Le principe de Sol Cesto est simple en apparence : explorer un donjon en quête du soleil disparu, étage après étage. Chaque niveau se présente sous forme de grille de seize cases, peuplée de monstres, pièges, coffres ou fraises de soin. Le joueur choisit une ligne et tombe aléatoirement sur l’une des quatre cases disponibles, avec une résolution automatique. Pour progresser, il faut avoir exploré un nombre minimal de cases afin d’ouvrir la porte menant à l’étage suivant. Libre ensuite de poursuivre l’aventure ou de s’enfoncer plus profondément dans les profondeurs du donjon.
Un roguelite qui mise sur l'aléatoire comme mécanisme central
Les combats reposent sur des mécaniques de force ou de magie, où s’affrontent les statistiques du joueur et celles de l’adversaire. Pourtant, le didacticiel minimaliste laisse peu de place à l’apprentissage. Les premières heures peuvent s’avérer frustantes : il faut souvent plusieurs tentatives avant de saisir des mécanismes aussi subtils que l’utilisation de bonus spécifiques. Sol Cesto mise délibérément sur l’expérimentation et l’échec, transformant chaque session en un apprentissage par la douleur. Les deux premières heures sont celles de la découverte polie, tandis que les quatre suivantes deviennent un terrain d’affrontement où la frustration guette.
La force de Sol Cesto réside aussi dans sa faiblesse : un système de probabilités qui laisse peu de place à l’intervention du joueur. Pour un joueur comme l’auteur de ces lignes, dont la malchance chronique en matière de hasard est légendaire, l’expérience se transforme rapidement en calvaire. Avec des chances de 60 % de tomber sur une case souhaitée, il n’est pas rare de devoir explorer toutes les autres avant d’y parvenir. Pire encore, certains choix de level design semblent ignorer toute logique : un magicien débutant, pourtant doté d’une force magique supérieure, peut se retrouver face à 80 % de loups dès le premier tableau, scellant son sort en quelques secondes.
Mais Sol Cesto assume pleinement son parti pris. Le système de métaprogression, bien que limité, offre quelques avantages : débloquer des pouvoirs spéciaux, conserver plus d’argent à la mort ou élargir les options en magasin. Pourtant, ces améliorations restent insuffisantes face à l’impitoyable hasard qui régit chaque partie. Malgré des centaines d’heures passées à tenter de percer ses mystères, l’auteur n’a toujours pas franchi le dernier biome du jeu. Une frustration partagée par de nombreux joueurs, mais qui participe à l’identité même de Sol Cesto : un défi où la persévérance se mesure à l’aune de la chance.
- Gamekult
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