Walker Meghnagi, président de la communauté juive de Milan, s’exprime après les tensions du 25 Avril et l’agression commise par un jeune homme de 21 ans. Ce dernier, se revendiquant de la Brigade juive, a blessé deux personnes lors d’une manifestation à Milan. « C’est une chose folle, inattendue. Le geste violent commis par cette personne est honteux. Nous sommes contre la violence, depuis toujours. Nous condamnons sans réserve cet acte et espérons que les enquêtes suivront leur cours rapidement » déclare-t-il.

Walker Meghnagi exprime également sa solidarité envers les deux victimes de l’agression : « Je me rendrais bien auprès d’eux si cela était possible. Ils ont toute notre solidarité inconditionnelle » poursuit-il.

La Brigade juive, une référence historique détournée

Interrogé sur l’appartenance du jeune homme à la Brigade juive, le président de la communauté juive de Milan précise : « Il ne sait probablement même pas ce qu’est la Brigade juive, qui a aidé à libérer l’Italie. Cette organisation n’existe plus aujourd’hui, si ce n’est à Milan où un groupe en conserve la mémoire » explique-t-il.

Les différences entre les réalités romaines et milanaises sont-elles marquées ? « Non. Ce sont des histoires différentes, certes, mais Rome a subi un attentat grave par le passé. Il n’y a pas de différences fondamentales. Sur cette affaire, nous avons échangé et sommes tous d’accord : l’acte est grave et doit être condamné à tous les niveaux. Mais il s’agit d’une personne, d’une folie individuelle » ajoute-t-il.

Gad Lerner évoque une « dégénérescence squadristique » et des agressions. Walker Meghnagi rejette catégoriquement ces propos : « C’est une affirmation lourde, que nous rejetons de manière absolue. Elle est à dénoncer. Rien de tel n’existe. Peut-être Gad Lerner s’y connaît-il davantage que moi dans ces groupes paramilitaires. Nous, nous avons des groupes sportifs, scolaires et autres, mais pas paramilitaires. Nous faisons confiance aux forces de l’ordre » précise-t-il.

Une dérive extrémiste existe-t-elle selon vous ? « Oui, mais elle est du côté de l’Anpi. Nous, nous avons subi une agression lors du 25 Avril comme jamais en quatre-vingts ans. Et nous n’avons vu aucune condamnation de la part du monde associatif ou politique, seulement des prétextes. Nous avons eu des gens en larmes, des malaises, des enfants, des femmes d’un certain âge bloquées. Et ce n’était pas un seul individu, mais des centaines de personnes à Milan » souligne-t-il.

Selon l’Anpi, les positions de Walker Meghnagi auraient ouvert un débat au sein du judaïsme italien. « Oui, mais seulement de la part de trois personnes. À Milan, j’ai remporté les élections avec 60 % des voix. Qu’ils se présentent, eux. Ils n’atteignent même pas les 2 %. Il n’y a pas de dérive de notre côté » rétorque-t-il.

L'Anpi et l'extrémisme : le débat qui divise

Les relations entre la communauté juive et l’Anpi sont désormais marquées par des plaintes réciproques. Le dialogue est-il encore possible ? « De leur côté, non. Nous, nous sommes naturellement ouverts au dialogue » conclut-il.

Sources :
  • Il Giornale

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