Un homme, récemment élu maire d’une petite commune des Côtes-d’Armor, a été placé en détention provisoire ce jeudi 30 avril. Il est visé par une enquête pour menaces de mort et abus de faiblesse sur cinq femmes, selon le procureur de Toulon. Ces faits concernent des agissements commis au sein d’un groupe de discussions en ligne, structuré comme une organisation hiérarchisée et soumis à des règles strictes d’appartenance.

La procédure a été ouverte après une plainte déposée en 2022 par une jeune femme de 21 ans en Mayenne. Les enquêteurs ont identifié quatre autres victimes potentielles, toutes attirées par ce groupe présenté comme dédié à la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel. Le suspect, alors âgé de 24 ans, aurait menacé cette étudiante de mort si elle quittait le groupe.

Un groupe en ligne à la dérive

Le procureur précise que ce groupe était organisé selon une charte distinguant deux catégories de membres : 'les fonctionnelles' et 'les dysfonctionnelles'. Les participants, adeptes de spiritualité et de philosophie, étaient incités à suivre un enseignement promettant l’accès à un 'cinquième palier d’instruction ultime'. L’homme exigeait de certaines femmes une 'dévotion totale', se présentant comme 'l’absolu' et le 'divin'.

Originaire de Hyères dans le Var, l’homme a été interpellé mardi 28 avril par la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille. Les investigations révèlent un contrôle intrusif dans la vie personnelle et intime des victimes, ainsi que des contributions financières allant de quelques centaines d’euros à près de 30 000 euros. Une information judiciaire a été ouverte en décembre 2025.

L’une des femmes a déclaré avoir subi des violences psychologiques et des actes sexuels sous contrainte. Installé depuis dans les Côtes-d’Armor, où il a été élu maire, il contestait toute répréhensibilité pénale de ses actes. Présenté le 30 avril devant un juge des libertés et de la détention à Saint-Brieuc, il a été écroué en attendant sa présentation au magistrat instructeur de Toulon.

Les faits reprochés relèvent de menaces de mort et d’abus de faiblesse par le dirigeant d’un groupement exploitant la sujétion psychologique de ses membres. Le magistrat instructeur devra statuer sur d’éventuelles mises en examen et décider du maintien en détention ou de la remise en liberté de l’accusé dans les prochains jours.

Des victimes sous emprise financière et psychologique

Ce cas rappelle les dérives des mouvements à caractère sectaire exploitant la vulnérabilité de jeunes adultes sous couvert de développement personnel ou intellectuel.

Sources :
  • BFMTV

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