Une information judiciaire a été ouverte en décembre 2022 contre le maire de Tréogan (Côtes-d'Armor), placé en détention provisoire pour avoir dirigé un groupe à caractère sectaire. Selon le parquet de Toulon, une étudiante de 21 ans a porté plainte en octobre 2022 pour menaces de mort après avoir été menacée si elle quittait un groupe de discussions en ligne présenté comme dédié aux personnes à haut potentiel intellectuel.
Les enquêteurs ont identifié cinq autres jeunes femmes, dont une mineure de 17 ans au moment des faits, résidant dans différents départements. Parmi elles, l'une affirme avoir subi des actes sexuels sous la contrainte et des violences psychologiques. Deux des cinq femmes ont refusé de porter plainte, estimant n'avoir été victimes d'aucune infraction.
Un emprise sectaire méthodique
Le parquet de Toulon précise que le mis en cause, alors résidant dans le Var, exerçait un contrôle intrusif sur la vie personnelle et intime de ses victimes. Des contributions financières auraient été exigées, allant de quelques centaines d'euros à près de 30 000 euros pour l'une d'elles. La section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille a été saisie pour poursuivre les investigations.
Le procureur évoque un groupement poursuivant des activités créant, maintenant ou exploitant la sujétion psychologique des participants. Les faits remontent à octobre 2022, lorsque la première plainte a été déposée. Le suspect, alors âgé de 24 ans, est désormais visé par des chefs d'accusation incluant menaces de mort et abus de faiblesse.
Subissant une pression constante et des menaces explicites, les victimes décrites par l'enquête ont été isolées et soumises à un système de dépendance financière. L'une d'elles a rapporté avoir vécu des violences psychologiques répétées, tandis qu'une autre évoque des actes sexuels imposés sous la contrainte. Ces témoignages dessinent le portrait d'un emprise méthodique et prolongée.
Les investigations se poursuivent pour établir l'ampleur exacte des agissements du mis en cause et identifier d'éventuelles autres victimes. La détention provisoire a été décidée dans l'attente des prochaines étapes judiciaires. Le parquet de Toulon n'a pas communiqué sur d'éventuelles charges supplémentaires.
Des victimes sous pression financière
Un réseau de contrôle et de manipulation se dessine derrière les accusations portées contre l'édile breton. Les faits, remontant à plus de deux ans, révèlent une mécanique d'emprise où la contrainte financière et psychologique s'entremêlaient pour maintenir les victimes sous influence. Les enquêteurs tentent désormais de retracer l'étendue des dommages causés.
- France Info
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