Karen Errington, cheffe et propriétaire du Rat Inn, un gastropub primé dans le petit village d’Anick près d’Hexham, s’est exprimée avec une franchise inhabituelle à l’encontre d’un député travailliste qu’elle accuse d’avoir réservé une table pour y déguster uniquement une entrée, avant de s’éclipser sans laisser le moindre pourboire. Sans nommer directement l’élu, elle a livré son ressentiment dans des termes sans équivoque : « Je savais qui il était. Il n’a pas croisé mon regard, ni posé la moindre question sur l’état des affaires. Sa table a pris une entrée, point final. À la fin, pas un centime de pourboire. Comme dirait ma grand-mère : *nix, naught, nowt*.

Un silence gêné a suivi ce dîner où le député, selon les dires de la gérante, s’est comporté comme un simple client sans égard pour le métier qu’il exerce. « Il a choisi de se présenter à la fonction publique, il doit donc assumer un certain comportement dans l’espace public », a-t-elle souligné, évoquant avec ironie les standards attendus des élus après les récents scandales politiques. Sans détour, elle a confié avoir songé, l’espace d’un instant, à lui prodiguer quelques conseils… de sa propre initiative. « J’ai souri et l’ai remercié poliment. Ce gouvernement est complètement sourd aux réalités du terrain.

La propriétaire du Rat Inn a également pointé du doigt une tendance préoccupante chez certains clients, notamment depuis l’arrivée des traitements amaigrissants par injection, qui réduiraient les dépenses alimentaires des convives. Une situation qui menace directement la viabilité des pubs ruraux, déjà fragilisés par l’inflation et les tensions géopolitiques. « Entre le coût du carburant, la guerre et les menaces de rationnement, il ne restera bientôt plus personne pour prendre la route vers ces établissements », a-t-elle alerté, soulignant l’urgence d’une prise de conscience collective.

Un député contredit par son entourageDes sources proches du député Joe Morris, élu travailliste d’Hexham, ont rapidement réagi aux accusations, affirmant qu’il avait effectivement dîné au Rat Inn en compagnie de proches, avec une addition dépassant les 150 livres sterling. L’entourage a expliqué que la famille n’avait pas laissé de pourboire en supposant à tort qu’un service avait été automatiquement inclus. Par ailleurs, il a été rappelé que Joe Morris avait pris contact avec l’établissement plus tôt dans l’année pour le féliciter d’une distinction reçue lors des *Gastropub Awards*, exprimant alors son intention de s’y rendre. Le *Rat Inn*, classé huitième dans le classement *Estrella Damm Top 50* des meilleurs gastropubs en 2026, propose des plats allant de 8,50 livres pour une soupe du jour à 42 livres pour un filet de bœuf de 200 grammes, en passant par des spécialités comme le chateaubriand pour deux à environ 94 livres.

Le *Rat Inn*, un ancien relais de poste du XVIIIe siècle transformé en adresse gastronomique, a été salué par le critique culinaire Giles Coren dans *The Times* pour sa cuisine locale et généreuse. Karen Errington a conclu en rappelant que son établissement, comme bien d’autres, fait face à des défis économiques majeurs, tout en assumant pleinement ses propos malgré le risque de les regretter. « On choisit de s’engager en politique, pas moi. Avec ce choix viennent des attentes légitimes sur la manière de se comporter en public.

Sources :
  • Daily Mail

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