Une usine d'artillerie américaine, financée à 469 millions de dollars, n'a toujours pas produit le moindre obus de 155 mm depuis son ouverture en mai 2024 au Texas. Selon un rapport de l'inspection générale du Pentagone, le site, géré par General Dynamics Ordnance and Tactical Systems (GDOTS), n'a fabriqué aucune des pièces métalliques prévues par le contrat, mettant en péril la capacité des États-Unis à atteindre leurs objectifs de production.
Ce projet s'inscrivait dans le cadre d'un contrat gouvernemental visant à reconstituer les stocks d'obus de 155 mm, massivement envoyés en Ukraine depuis 2022 pour soutenir la résistance face à l'invasion russe. Pourtant, entre mai 2024 et mars 2026, l'usine de Mesquite n'a produit aucune des 30 000 pièces métalliques mensuelles attendues, selon le document.
Un contrat militaire en échec
Les États-Unis ont épuisé 3,6 millions d'obus de 155 mm en quatre ans, dont la majorité a été expédiée en Ukraine. Pour compenser, l'armée américaine avait lancé un plan d'investissement dans la production d'artillerie, avec l'objectif d'atteindre 100 000 obus par mois d'ici octobre 2025. Or, le rapport révèle que le site texan, censé couvrir 29 % des besoins, n'a rien livré.
Avec seulement trois sites produisant les pièces métalliques nécessaires, le ministère de la Défense ne pourra produire que 71 000 obus par mois, soit 71 % de l'objectif fixé. Le rapport souligne que cette situation aggrave les craintes d'un stock d'armes dangereusement bas, alors que les États-Unis sont engagés dans des tensions avec l'Iran et que Israël affronte le Hezbollah au Liban.
Un rapport d'avril du Center for Strategic and International Studies (CSIS) indique que les États-Unis pourraient avoir consommé plus de la moitié de leur inventaire pré-guerre au Moyen-Orient. La depletion concerne notamment les missiles de croisière Tomahawk, les intercepteurs Patriot et THAAD. Selon le CSIS, il faudrait entre un et quatre ans pour reconstituer ces stocks.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le président Trump ont déjà appelé les industriels de la défense à accélérer la production. General Dynamics n'a pas répondu aux demandes de commentaires du New York Post.
Les stocks d'armes au plus bas
Le manque de production de l'usine de Mesquite frappe alors que les besoins en munitions s'intensifient sur plusieurs fronts. La dépendance aux stocks existants, déjà fortement entamés, expose les États-Unis à des risques stratégiques majeurs dans un contexte géopolitique tendu.
- New York Post
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