Devant les caméras de l'émission Sept à Huit, Laëtitia, 42 ans, a livré un témoignage glaçant sur sept années de violences physiques et psychologiques infligées par son compagnon. Ce dernier, directeur d'une agence bancaire, sera jugé en 2026 par la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence pour proxénétisme aggravé, viols aggravés et actes de torture et de barbarie. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et bénéficie de la présomption d'innocence.

La quadragénaire, qui a rencontré son bourreau en 2015, décrit une descente aux enfers progressive. D'homme protecteur au début de leur relation, il serait devenu un tortionnaire méthodique. Ses récits évoquent des gifles ayant entraîné la perte d'une dent, des coups de ceinture, des fessées laissant des marques pendant deux semaines, ou encore des violences avec une planche à découper et des câbles électriques.

Une parole qui libère

Elle accuse son ex-compagnon de l'avoir étranglée à plusieurs reprises jusqu'à perdre connaissance, d'avoir utilisé des sacs-poubelles pour l'étouffer. Laëtitia dénonce également des viols commis par des centaines d'inconnus, à qui il l'aurait livrée, y compris pendant sa grossesse. Ces hommes, recrutés via des sites d'escorte et de prostitution, lui ont infligé des violences physiques, certains payant des sommes élevées pour ces actes, souvent dans des hôtels ou chez eux.

Interrogée sur une éventuelle soumission chimique, Laëtitia précise que son compagnon interdisait cette pratique : « C'était interdit. Il disait qu'il fallait que je me rende compte de ce qui m'arrivait. » Son récit révèle une emprise totale, où la peur et la honte servaient de chaînes. Elle a demandé que le procès se tienne publiquement, refusant le huis clos.

« Il m'a tenue avec la peur, [.] avec la honte », confie-t-elle à Sept à Huit. Son témoignage porte un espoir : « Si ça peut aider une femme à dire : 'si elle a parlé, il faut que je parle'. » Elle cite aussi l'affaire Gisèle Pelicot et les viols de Mazan comme des éléments ayant renforcé sa détermination à briser le silence.

Laëtitia espère que son récit contribuera à faire basculer la honte du côté des bourreaux. Son combat s'inscrit dans une lutte plus large contre les violences conjugales et sexuelles, où chaque parole libérée peut sauver des vies.

Le numéro 3919, géré par la Fédération nationale solidarité femmes, reste le seul dispositif national gratuit et anonyme pour les victimes de violences. Il propose écoute, information et orientation vers des structures d'accompagnement. Ce service est essentiel pour des milliers de femmes piégées dans des situations similaires à celle de Laëtitia.

La justice face à l'horreur

Le procès de l'ex-compagnon de Laëtitia s'annonce comme l'un des plus lourds de ces dernières années. Les chefs d'accusation — proxénétisme aggravé, viols aggravés, torture et barbarie — reflètent l'ampleur des crimes commis. La cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence devra trancher dans une affaire où la présomption d'innocence côtoie des preuves accablantes.

Sources :
  • BFMTV

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