Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a menacé l’Iran d’une « offensive financière sans précédent », affirmant que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran « entre dans sa phase finale ». Dans une tribune publiée par le Financial Times, il a déclaré que Washington couperait tous les liens économiques avec Téhéran et isolerait les pays qui maintiendraient des relations financières avec le régime iranien.

Bessent a évoqué un « jour J économique » pour marquer le début de cette stratégie, sans préciser les mesures exactes lors de son annonce. Il doit détailler son plan lors d’une conférence de presse prévue lundi à 13 heures locales (18 heures GMT). « Le monde doit comprendre que notre objectif est de couper chaque ligne de vie économique qui maintient le régime tyrannique en place jusqu’à ce que Téhéran se retrouve seul », a-t-il écrit.

Un blocus économique total en préparation

L’Iran a immédiatement rejeté ces menaces, affirmant qu’il suspendrait toutes ses exportations de pétrole dans la région « si la guerre continue ». Selon l’agence Reuters, le régime a également adressé un nouvel avertissement aux navires de commerce, leur interdisant de traverser le détroit d’Ormuz sans son accord.

Washington mise sur l’étouffement financier pour faire tomber Téhéran, quitte à plonger le monde dans une crise énergétique.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondial transite habituellement par ce détroit, situé au sud de l’Iran. Depuis le début du conflit fin février, Téhéran a déjà bloqué ce passage stratégique, aggravant les tensions énergétiques mondiales.

Les déclarations de Bessent surviennent après plusieurs revirements et reports de sanctions par l’administration Trump. En avril, l’ex-président Donald Trump avait menacé de « détruire une civilisation entière » si l’Iran ne mettait pas fin à la guerre et ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz. Cette position avait finalement été abandonnée après l’intervention du Pakistan, qui avait appelé à une solution diplomatique.

Les répercussions économiques de la guerre en Iran se font déjà sentir aux États-Unis et dans le monde. La hausse des prix du pétrole alimente les craintes sur le coût de la vie, avec des prix de l’essence et du diesel bien supérieurs à ceux d’il y a un an. Aux États-Unis, le prix du gallon d’essence a dépassé les 4 dollars, un sujet de préoccupation majeur pour les électeurs américains à quelques semaines des élections législatives de novembre.

L’Iran répond par la menace : plus de pétrole, plus de commerce — et un détroit d’Ormuz transformé en zone de non-droit.

Lundi, le baril de Brent, référence mondiale des prix du pétrole, s’échangeait à 93 dollars. La semaine précédente, Bessent avait annoncé que Washington interviendrait sur les marchés obligataires en rachetant davantage de dette publique pour stimuler la demande et faire baisser les taux d’emprunt. Cependant, l’impact de cette annonce s’est révélé éphémère, les coûts d’emprunt à long terme remontant dès le lendemain.

Le pétrole, arme et otage du conflit

Le régime iranien subit déjà de lourdes sanctions économiques américaines. En 2015, un accord conclu sous la présidence de Barack Obama avait levé une partie de ces sanctions en échange de la limitation du programme nucléaire iranien par Téhéran. Mais en 2018, Donald Trump s’en était retiré, qualifiant cet accord de « profondément défectueux » et rétablissant toutes les sanctions.

Sources :
  • BBC News

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