Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé samedi depuis Ottawa que des tarifs douaniers de rétorsion « dollar pour dollar » contre les États-Unis prendront effet le 8 septembre, soit le mardi suivant la Fête du Travail. Cette décision survient moins de 24 heures après l’entrée en vigueur, à minuit samedi, des droits de douane américains de 50 % sur les importations canadiennes, incluant bière, fromage et électronique. Les discussions commerciales, rompues vendredi soir, n’ont pas permis d’éviter cette escalade.

Mark Carney a dénoncé une position américaine jugée inacceptable : « Les États-Unis ont demandé trop et offert trop peu. Nous ne pouvons accepter leur offre ni céder à leurs exigences », a-t-il déclaré. Les droits de douane américains, applicables à 28 milliards de dollars de produits canadiens, vont immédiatement renchérir le coût de la bière, des spiritueux, des produits laitiers et des matériaux de construction pour les consommateurs américains.

L'échec des négociations et ses conséquences

Les représailles canadiennes cibleront à leur tour des secteurs clés, avec des mesures dont les détails seront publiés dans les prochains jours. Carney a précisé que son gouvernement débloquera « des mesures supplémentaires » pour soutenir les entreprises canadiennes, en plus des 25 milliards de dollars déjà engagés. Le secteur des spiritueux, déjà affecté par des boycotts provinciaux en mars 2025, risque de subir de plein fouet ces nouvelles sanctions.

« Les États-Unis ont demandé trop et offert trop peu. » Mark Carney

Chris Swonger, président du Distilled Spirits Council, a déploré dans un communiqué l’absence de compromis : « Il est regrettable que le refus persistant des provinces canadiennes de réintégrer les spiritueux américains dans leurs rayons ait conduit à cette situation. » Il a appelé à une reprise des négociations pour rétablir un accès sans droits de douane des deux côtés de la frontière.

Du côté américain, l’administration Trump a justifié ses tarifs par la Section 338 du Tariff Act de 1930, permettant d’imposer des droits jusqu’à 50 % pour compenser des pratiques commerciales jugées discriminatoires. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé que Washington avait « donné toutes les chances » au Canada de trouver un accord, tout en critiquant les « nouvelles exigences et reculs » canadiens.

Washington brandit la Section 338 du Tariff Act de 1930 pour justifier ses tarifs : une arme commerciale vieille de près d’un siècle.

Les produits canadiens touchés par les tarifs américains incluent également le ciment, l’équipement électronique, les revêtements de sol en plastique, le bois, le papier, le vin et même les crosses de hockey. Ces mesures interviennent dans un contexte où le Michigan, État pivot pour le contrôle du Sénat américain, dépend fortement des exportations vers le Canada. Une course serrée oppose le socialiste Abdul El-Sayed au républicain Mike Rogers pour ce siège décisif.

Un impact économique immédiat et ciblé

Greer a accusé Ottawa de ne pas avoir finalisé un accord « prospectif » intégrant une meilleure coordination des chaînes d’approvisionnement dans les secteurs de l’aérospatial et des minéraux critiques. Aucune nouvelle session de négociation n’est prévue, selon ses déclarations à Fox News samedi. La guerre commerciale, déjà coûteuse pour les deux parties, menace de s’étendre à d’autres domaines si aucun compromis n’est trouvé rapidement.

Sources :
  • New York Post

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