Les correspondances de Xavier Dupont de Ligonnès, retrouvées après sa disparition en 2011, révèlent une personnalité aux antipodes de l'image qu'il projetait. Entre 2007 et 2011, l'homme entretenait un double discours épistolaire : d'un côté, des missives rassurantes adressées à sa famille, de l'autre, des lettres empreintes de désespoir et de paranoïa. Ces documents, saisis lors des perquisitions, ont joué un rôle central dans l'enquête sur le quintuple meurtre de Nantes, commis en avril 2011.
Les lettres qui ont trahi le meurtrier
Les experts judiciaires ont souligné l'importance de ces écrits pour comprendre le basculement de Dupont de Ligonnès. Ses proches, interrogés après sa fuite, ont confirmé avoir reçu des courriers où il évoquait des projets familiaux ou des voyages, tandis que d'autres témoignages évoquent des lettres plus sombres, évoquant des dettes ou des menaces imaginaires. Ces contradictions ont nourri les spéculations sur sa santé mentale avant les faits.
Les enquêteurs ont reconstitué le parcours de ces lettres, certaines postées depuis l'étranger après sa disparition. Leur analyse a permis de dater des périodes de tension extrême, notamment en 2010, où il aurait commencé à préparer son évasion. Les documents, aujourd'hui versés au dossier judiciaire, sont cités dans les expertises psychiatriques réalisées après son arrestation en 2023.
Un double discours épistolaire
Les proches de Dupont de Ligonnès ont décrit un homme méthodique, capable de dissocier ses émotions dans ses écrits. Un ancien voisin a rapporté avoir reçu une lettre en 2009, où il mentionnait des « projets immobiliers », alors que ses comptes bancaires étaient déjà largement dans le rouge. Ces incohérences ont alimenté les théories sur son double jeu.
Les lettres ont également révélé des détails sur ses déplacements, notamment vers l'Espagne et les États-Unis, où il aurait tenté de se reconstruire sous une fausse identité. Les enquêteurs ont retrouvé des traces de ces voyages dans les relevés téléphoniques et les relevés bancaires saisis lors de son interpellation.
Les avocats de la défense ont souligné que ces documents ne suffisent pas à établir sa culpabilité, mais qu'ils éclairent les mécanismes de sa fuite. Les lettres, souvent citées dans les médias, restent un élément clé pour comprendre la psychologie de l'accusé, dont le procès s'est ouvert en 2024.
Les traces d'une fuite préparée
Quinze ans après les faits, les lettres de Xavier Dupont de Ligonnès continuent de fasciner. Elles offrent un éclairage unique sur la descente aux enfers d'un homme ordinaire devenu criminel, et sur les limites de la prévention judiciaire.
- Le JDD
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