Depuis ses 13 ans, Chloe Landymore porte sur son visage les stigmates d'une acné kystique dévorante. Les années ont passé sans répit : crèmes, gels, pilules contraceptives, isotretinoïne à haute dose. Rien n'a jamais fonctionné durablement. À 26 ans, elle avoue avoir tout tenté, jusqu'à envisager de renoncer à une vie sociale normale. Son cauchemar récurrent ? Se réveiller en sursaut, le visage tuméfié par des kystes douloureux, chaque matin depuis des années.
Les souvenirs d'adolescence sont gravés au fer rouge. À l'école, les moqueries pleuvaient. Surnommée « face de pizza », elle rentrait chez elle avec des taies d'oreiller souillées de sang. Le maquillage était devenu une armure. À 16 ans, elle avait déjà épuisé les solutions en vente libre. Son médecin traitant lui avait prescrit la pilule contraceptive, espérant calmer les hormones responsables de ses poussées inflammatoires. En vain.
Une adolescence volée par l'acné
À 18 ans, Chloe entame un premier traitement à l'isotretinoïne, un médicament réservé aux cas les plus graves. Dose massive : 80 mg par jour. Toxique au point de nécessiter une double contraception. Les effets secondaires sont immédiats : peau et cheveux desséchés, coins de la bouche fissurés et saignants. Une accalmie éphémère survient lors de sa première année d'études en design graphique à Loughborough, mais les lésions reviennent, plus tenaces que jamais.
Subir l'acné, c'est aussi subir le regard des autres. À 21 ans, un deuxième traitement à l'isotretinoïne lui offre quelques mois de répit. Mais à 23 ans, elle replonge dans le même enfer. Les dermatologues se succèdent, tous attribuant ses poussées à un excès de testostérone. « Ça ira mieux en vieillissant », lui répètent-ils. Une phrase creuse pour qui se réveille chaque jour avec un nouveau champ de bataille sur les joues.
En 2018, elle rencontre Isaac. Lui aussi a connu l'acné juvénile, mais son expérience a été moins violente. Il ne porte aucun jugement sur son visage. Quand ils emménagent ensemble trois ans plus tard, il devient le seul à la voir sans maquillage. Isaac adapte leur vie sociale à ses crises de honte, organisant leurs sorties autour de ses périodes de repli. Elle joue au lacrosse à l'université, mais évite les regroupements d'équipe et les photos.
Sous-titre H2 : Une demande en mariage et l'ombre du.
En janvier 2023, Isaac la demande en mariage au sommet de l'O2 Arena à Londres. La nouvelle la comble de joie. Puis vient la peur : comment affronter le jour J avec son visage marqué ? Elle imagine une cérémonie sans faste, sans regards posés sur elle, sans photographies. Le mariage est fixé au mois de décembre 2024. Mais Chloe se désengage des préparatifs, laissant sa mère tout organiser. Les cauchemars de son mariage raté, où le maquillage ne parvient pas à masquer ses lésions, reviennent la hanter chaque nuit.
Le mariage ou l'évitement du regard
La mère d'Isaac, Louise, journaliste santé au Daily Mail, décide alors d'agir. Elle connaît les combats contre l'acné : ses propres années d'adolescence ont été rythmées par les antibiotiques, et sa peau n'a trouvé la clarté qu'à la mi-vingtaine. Son père, Jon, a connu une acné encore plus sévère, couvrant visage, torse et dos. Il a participé à un essai clinique précoce de l'isotretinoïne, avec une dose expérimentale élevée qui a finalement fonctionné.
- Daily Mail
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