Des analyses récentes menées sur les restes alimentaires du site archéologique de Karahan Tepe, situé en Turquie, ont permis de reconstituer le régime des anciens habitants. Selon les données publiées par The Debrief et relayées par Science et Vie, ces communautés se nourrissaient principalement de gibier — notamment de gazelles sauvages — et de légumineuses il y a environ 12 000 ans. Ce menu riche en protéines aurait joué un rôle clé dans leur endurance physique, essentielle pour transporter et tailler les blocs de pierre monumentaux découverts sur place.
Les archéologues du projet Taş Tepeler ont établi un lien direct entre ce régime alimentaire et les capacités techniques des habitants de Karahan Tepe. Leur spécialisation dans la chasse au gibier les distinguait des communautés voisines, comme celles de Göbekli Tepe, un autre site néolithique situé à proximité. Les chercheurs soulignent que cette alimentation a pu favoriser une organisation sociale plus structurée, nécessaire à la réalisation de travaux d'envergure.
Un régime alimentaire aux origines monumentales
Depuis sept ans, les fouilles se poursuivent sur le site de Karahan Tepe. Les découvertes s'accumulent : stèles monumentales, sculptures humaines en trois dimensions et reliefs d'animaux ornent désormais les registres des archéologues. Le professeur Necmi Karul, qui dirige les recherches, estime que seule une fraction du site a été explorée à ce jour. Les vestiges encore enfouis pourraient révéler d'autres secrets sur ces premières communautés humaines.
Les travaux menés à Karahan Tepe s'inscrivent dans une dynamique plus large de compréhension des sociétés néolithiques. Les similitudes avec Göbekli Tepe, bien que limitées à l'alimentation, invitent à repenser le rôle du régime alimentaire dans l'émergence des premières civilisations. Ces découvertes rappellent que l'alimentation n'est pas seulement une question de survie, mais aussi un moteur de transformation sociale et technique.
Les analyses isotopiques des ossements retrouvés sur place ont confirmé la prédominance du gibier dans l'alimentation. Les légumineuses, quant à elles, complétaient ce régime en apportant des nutriments essentiels. Cette combinaison a permis aux habitants de Karahan Tepe de maintenir une activité physique intense, indispensable pour les travaux de construction qu'ils ont réalisés.
Les reliefs d'animaux sculptés sur les stèles de Karahan Tepe témoignent d'une relation particulière entre ces communautés et leur environnement. Les gazelles, en particulier, semblent avoir occupé une place centrale dans leur imaginaire et leur subsistance. Cette symbolique pourrait refléter une forme de culte ou de respect envers les animaux qu'ils chassaient.
Des similitudes troublantes avec Göbekli Tepe
Les fouilles de Karahan Tepe s'inscrivent dans un projet archéologique plus vaste, le Taş Tepeler, qui vise à étudier plusieurs sites néolithiques de la région. Les résultats obtenus à ce jour soulèvent de nouvelles questions sur les échanges entre ces communautés et leur impact sur l'évolution des techniques de construction et de chasse.
- Valeurs Actuelles
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


