Invité sur le plateau de La Matinale ce 13 mai, Didier Samuel, président-directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a détaillé les enjeux liés à l'émergence de l'hantavirus Andes en France. Ce virus, jamais observé sur le territoire européen, marque un tournant dans la recherche médicale française et européenne.

Une menace venue d'Amérique du Sud

Didier Samuel rappelle que l'hantavirus est connu depuis 1996 en Amérique du Sud, où des épidémies locales ont déjà été recensées. « C'est un virus que les scientifiques connaissent depuis longtemps, mais pour lequel il y a assez peu de recherches », souligne-t-il. Son mode de transmission et sa séquence génomique sont documentés, mais son arrivée en Europe constitue un phénomène inédit.

Le président de l'Inserm précise que la mobilisation actuelle s'explique par l'absence de précédents sur le continent. « Jamais, c'est la première fois qu'on arrive sur le territoire européen », insiste-t-il. Cette situation inédite a poussé les autorités sanitaires à coordonner les forces de recherche, notamment via l'Agence nationale de recherche contre les maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE).

Un virus connu, mais jamais en Europe. La science française doit rattraper un retard de décennies.

Didier Samuel explique que la recherche sur les hantavirus reste limitée en raison du faible nombre de cas observés jusqu'à présent. Contrairement au Covid-19, pour lequel un vaccin a pu être développé en urgence, l'hantavirus Andes n'a pas encore suscité un intérêt suffisant des laboratoires pharmaceutiques. « Quand le Covid est arrivé, on n'avait pas de vaccin. La recherche s'est mise en place par nécessité », rappelle-t-il.

Il ajoute que la mobilisation actuelle vise à combler ce retard. « Il y a actuellement une mobilisation générale de la recherche, parce qu'on est dans un élément nouveau », déclare-t-il. L'Inserm a activé ses unités spécialisées et renforcé sa veille scientifique, une pratique mise en place après la crise sanitaire liée au Covid-19.

« On est dans un élément nouveau. » Didier Samuel, président de l'Inserm

La recherche en ordre de bataille

Didier Samuel insiste sur l'urgence de développer des outils de diagnostic spécifiques et, à terme, un vaccin. « Ce n'est pas tout à fait la même chose que le Covid, mais il faut agir avant que la situation ne s'aggrave », explique-t-il. La coordination entre les équipes françaises et européennes est désormais au cœur des priorités.

Sources :
  • France Info

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