Le procès en cour d’assises de Paolo Falzone s’ouvre demain à Mons, en Belgique. L’homme de 38 ans est accusé d’avoir provoqué, le 20 mars 2022 à Strépy, la mort de sept carnavalistes en percutant leur groupe à une vitesse de 174 kilomètres par heure. Les faits, survenus lors d’une fête locale, avaient marqué la région par leur violence et leur caractère soudain. Depuis, les victimes sont devenues des symboles des dangers de la vitesse au volant, dans un pays où les excès de vitesse sont régulièrement pointés du doigt.
Un bilan humain insoutenable
L’accusation repose sur sept chefs de meurtre avec intention et 81 de tentatives, un bilan qui place cette affaire parmi les plus graves de ces dernières années en Belgique. Les procureurs estiment que la vitesse excessive et le mépris délibéré pour la vie d’autrui constituent des circonstances aggravantes. Les familles des victimes, venues de toute la Wallonie, suivront chaque minute de ce procès, espérant obtenir justice pour leurs proches disparus lors de cette soirée festive.
La défense de Paolo Falzone tente de faire valoir des circonstances atténuantes, révélées en cours d’instruction. L’avocat de l’accusé a indiqué que son client était devenu père d’un garçon quelques semaines avant les faits, alors qu’il portait une électronique pour une peine de prison avec sursis. Cette information, si elle ne remet pas en cause la gravité des actes, pourrait influencer la perception des jurés sur la personnalité de l’accusé et son éventuel remords.
La défense mise sur un statut de jeune père
Les débats s’annoncent tendus, d’autant que les familles des victimes ont exprimé leur colère face à cette stratégie. Pour elles, Paolo Falzone reste avant tout un conducteur irresponsable, dont les choix ont brisé des vies en un instant. Les avocats des parties civiles devraient insister sur la préméditation présumée, soulignant que l’accusé avait déjà un lourd passé judiciaire lié à la conduite dangereuse.
Le procès se déroulera sur plusieurs semaines, avec des témoignages des proches des victimes, des experts en accidentologie et des psychologues. Les jurés auront pour mission de déterminer si Paolo Falzone a agi avec une intention criminelle ou si son comportement relève d’une négligence extrême. La question de la peine, qui pourrait aller jusqu’à la perpétuité, sera au cœur des débats.
Derrière les murs du tribunal de Mons, c’est aussi la question de la sécurité routière qui sera posée. Les associations de victimes réclament des mesures plus strictes, notamment contre les récidivistes. En Belgique, les excès de vitesse sont responsables de près de 40 % des accidents mortels chaque année, un chiffre qui alimente les débats sur l’efficacité des contrôles et des sanctions.
La sécurité routière au cœur des débats
Les proches des victimes, réunis en association, ont déjà annoncé qu’ils suivraient le procès avec une attention particulière. Pour eux, Paolo Falzone incarne l’échec des systèmes de prévention et de répression. Leur combat ne s’arrête pas à ce procès : ils réclament des changements structurels pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.
- HLN
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