Le député Wes Streeting a ouvert les hostilités ce mardi contre Andy Burnham, candidat pressenti à la succession de Keir Starmer. Dans un discours prononcé à la City, il a mis en garde contre les promesses électorales irresponsables et populaires qui ne pourraient être tenues. « La discipline budgétaire compte », a-t-il lancé, en visant directement les déclarations passées de Burnham sur sa capacité à défier les marchés obligataires.
Streeting a également affirmé disposer des 81 soutiens nécessaires parmi les députés travaillistes pour se lancer dans la course à la direction du parti. Cette déclaration survient alors que la position de Keir Starmer semble s’affaiblir, tandis que Burnham tente de revenir à la Chambre des communes cette semaine.
Un sondage qui sonne l’alerte
Le Premier ministre, en déplacement en France pour le sommet du G7, a réaffirmé qu’il ne quitterait pas Downing Street sans combattre. « Je n’abandonnerai pas sans me battre », a-t-il déclaré aux médias ce matin.
Un sondage YouGov révèle que l’image personnelle d’Andy Burnham s’est fortement dégradée : son indice de popularité net atteint désormais moins 11, avec seulement 30 % des Britanniques le voyant favorablement contre 41 % qui le rejettent. En mai, il affichait encore un solde positif.
Malgré ce recul, les alliés de Burnham préparent une offensive immédiate pour évincer le Premier ministre en cas de victoire du travailliste lors de l’élection partielle de Makerfield. Pourtant, les premiers signes montrent que sa cote personnelle chute à mesure que son visage s’affiche davantage dans l’espace médiatique.
Dutch auction : c’est le terme employé par Wes Streeting pour décrire le risque d’une primaire travailliste transformée en surenchère de promesses coûteuses destinées à séduire les militants, au détriment des contribuables. « Ce n’est pas ainsi que je compte agir », a-t-il martelé. « Nous ne pouvons pas jouer avec les finances publiques ou la confiance des citoyens, alors que les risques sont élevés et la défiance envers la politique à son comble.
Streeting a rappelé sa constance électorale : « Vous ne me trouverez pas promettant monts et merveilles pour obtenir vos voix lors d’une élection interne, avant de vous décevoir une fois les bulletins dépouillés. » Il a aussi critiqué Burnham, qui avait accusé le gouvernement d’être « prisonnier » des marchés obligataires. « Les marchés ne sont pas des méchants de fiction, et les règles budgétaires comptent. La discipline fiscale est indispensable, car la crédibilité est la condition préalable à un État interventionniste.
La discipline budgétaire contre les promesses électorales
Avec une dette approchant les 100 % du PIB, le Royaume-Uni dispose de peu de marge de manœuvre. Les marchés s’inquiètent d’une possible dérive vers la gauche du Labour, avec un programme de dépenses massives financées par l’emprunt et des hausses d’impôts. Burnham a évoqué des taxes sur la fortune, une réévaluation de la taxe foncière locale et des nationalisations, avant de revenir sur plusieurs de ses propositions en quelques heures seulement.
- Daily Mail
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