Yaël Braun-Pivet a justifié son refus de soutenir Gabriel Attal lors de son lancement de campagne présidentielle à Paris par une remarque sur la mixité. « Le pays serait mieux dirigé s’il était dirigé en mixité », a-t-elle déclaré, précisant que « lorsque l’on voit ceux qui prennent les décisions dans notre pays, c’est quasiment 100 % d’hommes, ça ne va pas ».
Quelques semaines plus tôt, elle fustigeait déjà « le club de machos qui se déclarent quasiment quotidiennement » candidats à la présidentielle. Pourtant, Yaël Braun-Pivet ne compte pas se joindre à cette course. Son absence aux meetings d’Attal et d’Édouard Philippe s’explique par son refus des « aventures personnelles ». Un argument surprenant, alors que l’élection présidentielle repose par nature sur la rencontre d’un candidat avec le peuple.
Le paradoxe d'une campagne sans mixité
La présidente de l’Assemblée nationale défend une vision où les femmes ne seraient pas jugées sur leur sexe mais sur leur compétence. « Des femmes occupent les plus hautes fonctions politiques », rappelle-t-elle. Delphine Ernotte et Sibyle Veil dirigent l’audiovisuel public, Amélie de Montchalin préside la Cour des comptes. Aucune preuve n’établirait qu’elles gouverneraient mieux que les hommes, insiste-t-elle.
Pour Yaël Braun-Pivet, les femmes ne constituent ni une espèce protégée ni une minorité opprimée. Elles n’auraient besoin ni de quotas ni de « pleurnicheries ». Pourtant, son discours sur la parité semble contredire cette affirmation. « Si les juges décident finalement le 7 juillet prochain de limiter l’inéligibilité de Marine Le Pen pour lui permettre de se présenter, une femme sera la favorite de l’élection présidentielle », note-t-elle avec ironie.
Le débat sur la représentation féminine en politique reste vif. Yaël Braun-Pivet en est un acteur central, mais son positionnement actuel interroge. Son refus de s’engager publiquement aux côtés d’Attal et Philippe, malgré leur appartenance à la même majorité, soulève des questions sur la cohérence de son engagement.
Le choix de Yaël Braun-Pivet de ne pas soutenir les figures masculines dominantes de son camp peut être interprété comme une stratégie. Mais il révèle aussi une tension entre ses déclarations sur la parité et ses actes. La politique reste un jeu d’influence où les symboles comptent autant que les idées.
Gabriel Attal et Édouard Philippe ont lancé leurs campagnes respectives sans le soutien de la présidente de l’Assemblée nationale. Leur absence aux premiers meetings pourrait affaiblir leur dynamique initiale. Yaël Braun-Pivet, elle, mise sur une campagne discrète, loin des projecteurs.
Les femmes au pouvoir : un argument qui se retourne
Les appels à une candidature féminine se multiplient, mais Yaël Braun-Pivet n’en fait pas partie. Son refus de s’engager publiquement laisse planer le doute sur ses ambitions réelles. La présidentielle de 2027 s’annonce déjà comme un champ de bataille où les stratégies individuelles priment sur les alliances.
- Causeur
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