L'accident s'est produit à 11 heures ce matin, à une centaine de mètres d'un lotissement de Tomblaine. Les onze personnes à bord, dont cinq moniteurs et cinq élèves en baptême de parachutisme, ont péri sur le coup. Le pilote, expérimenté selon les premiers éléments, tentait un virage à basse altitude avant de s'écraser dans un espace vert adjacent à l'aérodrome de Nancy-Essey. Aucune habitation n'a été touchée, mais le bilan humain est le plus lourd en France pour l'aviation générale depuis des décennies.
L'avion, immatriculé en Allemagne, appartenait à une société organisant des baptêmes de parachutisme. Selon François Pélissier, président de l'aéropôle Grand Nancy Tomblaine, l'appareil avait réalisé quinze rotations la veille et cinq ce matin avant le drame. « C'était un week-end de fête avec une entreprise partenaire depuis plus de dix ans », précise-t-il. Le pilote, décrit comme expérimenté, avait effectué plusieurs pleins de carburant dans la journée.
Un bilan humain inédit pour l'aviation générale
Les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) se penchent sur les causes de l'accident. Ils analysent les enregistrements de la tour de contrôle, les données radar et les éventuelles vidéos réalisées à bord. L'état technique de l'avion et son entretien font également partie des pistes explorées. Jean-Paul Troadec, ancien président du BEA, souligne que « les passagers peuvent avoir filmé des éléments utiles ».
Sur place, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a exprimé « l'émotion intense et palpable » face au drame. Il a apporté le « soutien du gouvernement et de la nation » aux familles des victimes, dont certaines étaient présentes lors de l'accident. Le ministre des Transports Philippe Tabarot, attendu dans l'après-midi, a adressé ses « plus sincères condoléances » aux proches. Une cellule d'urgence a été déployée pour les accompagner.
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris s'est saisi de l'enquête, tandis que les investigations sont confiées à la Gendarmerie des Transports Aériens. Les associations Paris Aide aux Victimes et France Victimes 54 interviennent pour soutenir les familles. Chaynesse Khirouni, présidente du département de Meurthe-et-Moselle, a annoncé l'arrivée d'une équipe d'enquêteurs spécialisés « d'ici quelques heures ».
Les secours ont mobilisé 50 pompiers avec 25 engins, ainsi que la police et une association de sécurité civile. Hervé Féron, maire de Tomblaine, a confirmé que l'avion était « tombé à pic » près d'une piste cyclable, sans causer de dommages collatéraux. Un lieu de recueillement sera mis à disposition par la métropole de Nancy pour les proches et les témoins.
Les précédents accidents les plus meurtriers dans cette catégorie remontent à 1988 et 1997, avec neuf morts chacun. Selon le BEA, l'accident de Tomblaine est désormais le plus grave en termes de bilan humain pour l'aviation générale en France. Pierre-Yves Eugène, président du Syndicat national des parachutistes, insiste sur le fait qu'il s'agit d'un « accident d'avion » et non d'un « accident de parachutisme ».
Les premières pistes d'enquête
Les témoignages recueillis sur place évoquent un bruit anormal avant le crash. John Curaku, habitant de Tomblaine, a entendu « un bruit comme si le moteur s'arrêtait en l'air » avant un « boum » assourdissant. L'appareil s'est écrasé à proximité immédiate de son domicile, sans qu'il n'ose s'approcher par crainte d'une explosion.
- BFMTV
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