« Nous avons enregistré des progrès, mais des désaccords profonds subsistent et certains sujets restent irrésolus », a déclaré samedi 18 avril Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement iranien. Pour l’Iran, un accord définitif de paix est « encore loin », alors que Washington doit, selon Téhéran, prouver sa bonne foi en renonçant à l’unilatéralisme. « Les États-Unis doivent gagner la confiance du peuple iranien », a martelé le haut responsable, soulignant que le cessez-le-feu de deux semaines n’avait été accepté que sous la pression de la Maison-Blanche, malgré une prétendue « victoire sur le terrain » des forces iraniennes.
L’Iran a de nouveau verrouillé dimanche le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce maritime mondial, en réponse au maintien du blocus américain sur ses ports. À peine trois jours avant l’expiration de la trêve, des tirs ont visé au moins trois navires commerciaux tentant de franchir ce passage, confirmant la radicalisation des positions des deux camps. Cette escalade survient dans un contexte où Téhéran affirme avoir repris le « strict contrôle » de ce corridor, malgré les condamnations internationales.
L'Iran durcit le ton après deux semaines de trêve fragile
Dans le sud du Liban, la situation reste explosive. L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un soldat « au combat », portant à quinze le nombre de ses pertes depuis le début des hostilités contre le Hezbollah, mouvement pro-iranien. Ce décès intervient alors que le cessez-le-feu entre Israël et le groupe armé, entré en vigueur vendredi, peine à s’imposer sur le terrain, où les échanges de tirs persistent malgré les engagements.
L'ONU dénonce une nouvelle attaque contre ses Casques bleus en Liban Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a condamné avec fermeté l’attaque ayant coûté la vie à un Casque bleu français samedi. « C’est le troisième incident en quelques semaines ayant entraîné la mort de militaires de la FINUL », a-t-il rappelé dans un communiqué. Le soldat français, tué dans le cadre de la mission onusienne au Liban, est le deuxième Français à perdre la vie depuis le début du conflit en février. Trois autres membres de la mission ont été blessés, dont deux grièvement, selon le ministère français des Affaires étrangères.
Crise en suspens : l'urgence d'une solution durable
Les faits s’accumulent et dessinent un tableau alarmant. D’un côté, les négociations entre l’Iran et les États-Unis, bien qu’ayant enregistré quelques avancées, se heurtent à des divergences majeures, avec un accord final jugé « encore loin » par Téhéran. De l’autre, les tensions militaires s’exacerbent : blocage du détroit d’Ormuz, tirs contre des navires, soldat israélien tué au Liban et perte d’un Casque bleu français, portant à deux le nombre de militaires français tombés depuis février. Ces développements surviennent à trois jours de l’expiration du cessez-le-feu, alors que la communauté internationale observe avec inquiétude l’escalade des violences. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement celle d’un accord éphémère, mais bien de la stabilité d’une région en proie à des crises multiples, où chaque incident peut enflammer un foyer déjà surchauffé.
- France Info
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