Nicolas Sarkozy a été confronté ce mercredi 29 avril aux deux attestations rédigées par Claude Guéant, son ancien directeur de cabinet, adressées aux juges en son absence. L'ancien président, jugé en appel pour financement illégal présumé par la Libye, a marqué une pause dans l'audience pour souligner son émotion : « Aujourd’hui vous avez le sentiment d’avoir quelqu’un qui est en retrait. Qui a peur. Peur que Claude Guéant en ait encore sous le coude […] la défense de Nicolas Sarkozy est fragilisée.
L'avocat de partie civile, Me Vincent Brengarth, a relevé une « certaine tension » chez l'ancien chef de l'État, qu'il interprète comme une réaction à l'absence de Guéant. Ce dernier, hospitalisé pour raisons de santé, a été ulcéré d'avoir été « lâché » par Sarkozy à la barre. Son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a précisé sur France Inter que « les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy n'améliorent pas l'état de santé » de son client.
Les lettres de Guéant, une arme contre Sarkozy
Nicolas Sarkozy a tenté de minimiser l'impact des lettres de Guéant, affirmant que son ancien bras droit n'était « pas le seul à être touché » par cette épreuve judiciaire. Il a ajouté : « Je me serais bien passé de cette épreuve judiciaire.
L'ancien président s'est emporté face aux questions des avocats des parties civiles. Interrogé sur les rétro-commissions, il a rétorqué : « J’ai rien compris à cette bouffonnerie. Sans doute suis-je limité.
Le président de la Cour d'appel a rappelé à l'ordre Sarkozy après que ce dernier eut demandé à Me Brengarth : « Vous êtes sûr que vous n'avez pas pris de substance hallucinatoire, maître ? » L'audience a été suspendue après une matinée marquée par ces échanges tendus.
Les lettres de Guéant évoquent notamment une rencontre en Libye en juillet 2007, où Kadhafi aurait demandé à Sarkozy de lever le mandat d'arrêt contre Abdallah Senoussi, n°2 du régime condamné pour l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989. Sarkozy a démenti ces affirmations, précisant que Kadhafi ne lui avait parlé de Senoussi qu'en 2005, alors qu'il était ministre de l'Intérieur.
Nicolas Sarkozy a également contesté les versions successives de Guéant sur leurs premières rencontres, rappelant que ce dernier avait écrit les avoir « avant 2002 ». L'ancien président a évoqué trois versions différentes de son ancien bras droit sur ce point : « Est-ce qu'elle est probable ? Non.
Un face-à-face attendu entre Sarkozy et l'avocat de Guéant
L'ancien chef de l'État a nié toute discussion avec Kadhafi sur un financement de sa campagne de 2007. « Je pense que jamais un centime d'argent libyen n'est arrivé dans la campagne », a-t-il affirmé. L'audience se poursuit avec les questions du président de la Cour d'appel sur les rencontres avec Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais décédé en septembre 2023.
- BFMTV
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