Le cofondateur de Mistral AI, Arthur Mensch, a alerté les députés lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Son diagnostic est sans appel : l’Europe accumule les retards face à la révolution de l’intelligence artificielle. « La course est déjà perdue si rien ne change », a-t-il souligné devant les élus.

Un bilan accablant pour l'Europe

Selon lui, trois obstacles majeurs freinent l’innovation sur le Vieux Continent. D’abord, une réglementation jugée trop contraignante, qui étouffe les start-up avant même leur décollage. « Les normes européennes asphyxient les jeunes pousses », a-t-il martelé, sans citer de texte précis mais en évoquant des délais administratifs « interminables ».

Le deuxième point noir concerne l’énergie. Arthur Mensch a pointé du doigt la dépendance de l’Europe aux importations d’électricité et de gaz, un « handicap structurel » qui fragilise les data centers, cœur battant de l’IA. « Sans autonomie énergétique, pas de souveraineté technologique », a-t-il résumé, évoquant des coûts prohibitifs pour les entreprises du secteur.

Réglementation, énergie et emploi : les trois angles morts

Enfin, le patron de Mistral AI a mis en garde contre un troisième risque : le chômage. Les emplois liés à l’IA, promis par les défenseurs de la transition numérique, pourraient se révéler illusoires si l’Europe reste à la traîne. « On prépare des chômeurs, pas des emplois », a-t-il lancé, sans préciser de secteur ou de chiffre.

« La course à l'IA est déjà perdue si l'Europe ne change pas de braquet. »

Interrogé sur les solutions, Arthur Mensch a plaidé pour une « régulation intelligente », capable de protéger sans étouffer. Il a aussi appelé à un « plan Marshall numérique », sans détailler son contenu. Son intervention a laissé les députés sans voix, certains saluant son franc-parler, d’autres s’interrogeant sur la faisabilité de ses propositions.

« On prépare des chômeurs, pas des emplois. »

L’audition s’est tenue dans un contexte de tensions accrues entre Bruxelles et les géants américains de la tech. La Commission européenne prépare en effet un nouveau paquet législatif sur l’IA, déjà critiqué pour son approche « bureaucratique » par plusieurs acteurs du secteur.

L'appel à une régulation intelligente

En conclusion de son intervention, Arthur Mensch a rappelé que l’Europe ne pouvait se permettre de rater ce virage. « Le monde numérique ne s’arrêtera pas pour nous », a-t-il conclu, avant de quitter la salle sous les regards attentifs des parlementaires.

Sources :
  • Le JDD

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