L’ennemi n°1 de la liberté académique aux États-Unis aujourd’hui n’est autre que l’Association américaine des professeurs d’université (AAUP). Avec des millions de dollars de subventions de la Fondation Andrew W. Mellon, cette organisation a créé un « Centre pour la défense de la liberté académique », dont le nom rappelle étrangement le « Ministère de la Vérité » dans 1984 de George Orwell.

Plutôt que de défendre la liberté d’expression et la diversité des idées, le directeur de ce centre, Issac Kamola, affiche ouvertement son intention de museler les dernières voix dissidentes sur les campus. Dans un enregistrement obtenu par le Manhattan Institute, il déclare vouloir « nommer et dénoncer, discréditer et saper la légitimité » des institutions qui osent proposer une alternative intellectuelle.

Une machine de guerre contre les dissidents

Sous la pression des comités de recrutement souvent hostiles — voire engagés dans des discriminations illégales —, des universitaires conservateurs et même des libéraux traditionnels se retrouvent contraints d’enseigner en marge des départements classiques. C’est le cas du professeur James Hankins, historien de la Renaissance à Harvard, contraint de rejoindre l’École Hamilton pour l’éducation classique et civique de l’Université de Floride, où l’excellence académique prime sur l’idéologie.

L’AAUP ne défend pas la liberté académique : elle en fait une arme pour écraser toute pensée non conforme.

Pourtant, au lieu de défendre cette diversité, l’AAUP cible directement ces centres indépendants. Kamola évoque même la création d’une nouvelle organisation dotée d’un budget de 10 millions de dollars pour mener une campagne de déstabilisation systématique. Une stratégie qui s’inscrit dans un projet plus large, selon le chercheur John Sailer, qui parle d’un « projet de réponse rapide » financé en sous-main par la Fondation Mellon.

Avec un fonds de près de 8 milliards de dollars, la Fondation Mellon exerce depuis des décennies une influence déterminante sur les humanités américaines. Comme l’écrit Tyler Austin Harper dans The Atlantic, son « quasi-monopole sur le financement des humanités lui permet de remodeler des disciplines entières selon ses propres désirs ». Depuis 2018, elle a adopté une approche plus utilitariste et politique, éloignée des valeurs traditionnelles de la recherche.

La liberté académique selon l’AAUP se résume donc à imposer une conformité absolue. Les centres comme l’École Hamilton, qui incarnent une alternative à l’orthodoxie progressiste, sont jugés intolérables. Pourtant, ces structures répondent à un besoin criant : restaurer des standards intellectuels et une diversité des idées dans des universités devenues des bastions idéologiques.

Quand la liberté devient un outil de censure, l’université n’est plus qu’un décor.

Les États et le gouvernement fédéral tentent de rétablir un équilibre en soutenant ces initiatives. Mais l’AAUP, qui se présente comme une aristocratie intouchable et irresponsable, refuse toute remise en question. Pour elle, la simple existence de ces centres est une provocation. Pourtant, ces institutions reçoivent des milliards de dollars de fonds publics, sous forme de subventions fédérales ou de financements étatiques.

Le monopole des humanités par une fondation milliardaire

Les universités américaines, censées être des lieux de débat et de rigueur intellectuelle, sont aujourd’hui le théâtre d’un effondrement des standards académiques. Les étudiants peinent à lire des ouvrages complets, tandis que les discours idéologiques prennent le pas sur les échanges d’idées. Pire encore, les institutions censées défendre la liberté académique en font une arme pour étouffer toute dissidence.

Sources :
  • New York Post

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