Allan Swan, ancien responsable chez Panasonic Energy, a été nommé à la direction d'Automotive Cells Company (ACC). Son défi : transformer l'entreprise en un géant industriel capable de produire 70 batteries par seconde, soit près de 2,2 milliards d'unités par an. Un rythme qui pourrait bouleverser le marché européen des batteries électriques.

Un pari industriel à 20 milliards d'euros

ACC, coentreprise entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, mise sur cette accélération pour concurrencer les géants asiatiques. Swan entend capitaliser sur les sites industriels français et allemands déjà opérationnels, tout en accélérant la construction de nouvelles usines. L'objectif affiché est de couvrir 20 % du marché européen d'ici 2030.

La production massive de batteries locales répond à une urgence stratégique. Bruxelles impose des quotas de recyclage et de contenu européen pour les véhicules électriques, sous peine de sanctions commerciales. Swan évoque un « virage industriel sans précédent » pour éviter une dépendance aux importations asiatiques.

La course aux batteries made in Europe

Les défis logistiques et technologiques restent immenses. Les chaînes de production doivent être optimisées pour atteindre un tel débit, tandis que la qualité des cellules doit rester irréprochable. Les premiers retours des investisseurs soulignent le risque d'un surcoût initial avant d'atteindre la rentabilité.

70 batteries par seconde : un objectif qui pourrait faire de la France le cœur battant de l'Europe électrique.

Les syndicats saluent cette ambition, mais alertent sur la pression sur les salariés. « Nous devons former des milliers d'ouvriers en un temps record », confie un représentant du personnel. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur pourrait freiner la montée en puissance.

Sans cette accélération, l'Europe risque de perdre la guerre des batteries face à l'Asie.

Automotive Cells Company mise aussi sur l'innovation pour se différencier. Swan évoque des partenariats avec des startups françaises spécialisées dans les matériaux durables et les procédés de fabrication éco-responsables. Une stratégie pour séduire les constructeurs automobiles soucieux de leur empreinte carbone.

L'innovation comme levier de différenciation

Les concurrents directs, comme le suédois Northvolt ou le chinois CATL, ne restent pas inactifs. Northvolt a déjà annoncé un doublement de sa capacité de production en Europe d'ici 2026. La bataille industrielle s'annonce féroce.

Sources :
  • Numerama

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