Un militaire et un agent de la Guardia Civil escortent un mineur non accompagné à Ceuta.
La Commission européenne a donné son feu vert à l'Espagne pour qu'elle procède au renvoi vers le Maroc de l'ensemble des migrants présents illégalement sur le territoire de Ceuta, y compris les mineurs étrangers non accompagnés. Bruxelles s'appuie sur le droit de l'Union européenne pour justifier cette position.
Un cadre juridique européen clairement invoqué
Le porte-parole de la Commission sur les Affaires intérieures, Markus Lammert, a réaffirmé lors d'une conférence de presse que « l'objectif reste que tous ceux qui se trouvent illégalement à Ceuta soient renvoyés ». Interrogé sur l'inclusion des mineurs dans ces retours, il a souligné que « cela relève du droit de l'UE ».
La directive européenne de Retour, adoptée en juin, prévoit explicitement des dispositions pour le renvoi des migrants en situation irrégulière, « y compris les mineurs non accompagnés ». « Cela est donc également couvert par le droit de l'UE », a-t-il insisté. Bruxelles attend des autorités espagnoles et marocaines qu'elles collaborent pour garantir l'efficacité de ces retours.
Après avoir pris acte de la volonté du Maroc de faciliter le retour de tous les mineurs étrangers non accompagnés, Markus Lammert a réitéré l'offre de l'exécutif européen de « faciliter et soutenir » ce processus. La Commission salue par ailleurs l'annonce du gouvernement espagnol d'augmenter les capacités d'accueil pour faire face à la situation humanitaire des migrants irréguliers.
De son côté, le gouvernement de Pedro Sánchez n'avance aucune date pour une solution administrative concernant les migrants toujours présents à Ceuta. La porte-parole du gouvernement et ministre de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a rappelé que l'Espagne est un « État de droit » et qu'elle garantit le respect des procédures pour tous, y compris les fonctionnaires.
« Cela nous donne une sécurité et fait de nous le pays que nous sommes, un État de droit. Ce gouvernement travaillera toujours dans le respect de la légalité et des normes applicables à cette situation », a-t-elle déclaré lors d'une intervention dans l'émission Mañaneros 360 sur TVE.
Madrid sous pression locale face à l'afflux migratoire
Face à cette position, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a adressé un ultimatum de 30 jours au gouvernement espagnol pour que la ville autonome « retrouve la normalité ». Il estime que Ceuta dispose des « moyens et capacités suffisants » pour y parvenir.
- El Español
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