Le 14 juillet dernier, des militants du Rassemblement National ont entonné le slogan « On est chez nous » devant la basilique Saint-Denis, où reposent les tombeaux des rois de France. Un choix symbolique qui a suscité de vives réactions, y compris parmi les opposants au parti.
Une récupération symbolique controversée
Cette récupération de l’histoire a choqué jusqu’à certains élus de droite, qui y voient une instrumentalisation des symboles nationaux. « Ces références à la monarchie sont un contresens dans une République laïque », a réagi un député Les Républicains sous couvert d’anonymat.
Dans les années 2010, des tentatives similaires avaient été vivement critiquées, y compris au sein du RN. « Quand certains s’y essayaient, on les conspuait », rappelle un ancien cadre du parti. Pourtant, cette fois, la direction semble avoir validé le geste.
L’héritage monarchique face à la République
Le Rassemblement National n’a pas commenté officiellement la scène, mais des proches du parti évoquent une volonté de « réenchanter l’identité française » à travers son passé. Une stratégie qui interroge sur la ligne idéologique du mouvement.
Les historiens, eux, soulignent l’ambiguïté d’une telle démarche. « La monarchie n’a jamais incarné la souveraineté populaire, mais l’absolutisme », rappelle un professeur d’histoire contemporaine. Un rappel qui contraste avec le discours souverainiste du RN.
Pour les observateurs, cette initiative s’inscrit dans une logique de radicalisation du discours du parti. Après des années de dédiabolisation, le RN semble désormais assumer des références plus clivantes, quitte à froisser une partie de son électorat traditionnel.
Entre radicalisation et dédiabolisation
La basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France depuis le Xe siècle, devient ainsi le théâtre d’un débat inattendu. Entre héritage historique et récupération politique, la frontière semble de plus en plus ténue.
- Boulevard Voltaire
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