Le Grand Rabbin Moché Lewin, après avoir été licencié par le Consistoire de Paris, a choisi de réagir publiquement ce 11 mai par un communiqué où il exprime sa « retenue, sa responsabilité et sa sérénité ». La décision de mettre fin à ses fonctions au sein de la communauté du Raincy, où il officiait depuis près de trois décennies, a suscité de vives réactions et une polémique persistante autour de l’érouv, un dispositif controversé au cœur des tensions avec la direction du Consistoire.

Dans ce texte, il revient sur l’initiative de l’érouv, présentée comme une démarche strictement halakhique visant à faciliter la vie des familles, des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite. Moché Lewin insiste sur le sérieux de son travail, réalisé en collaboration avec des experts reconnus et avec le soutien de la Conférence des rabbins européens ainsi que du Grand Rabbin de France, Haim Korsia.

Une décision aux racines halakhiques et politiques

Face aux critiques, il explique avoir accepté, à la demande de ce dernier, de suspendre le projet de l’érouv afin de privilégier l’apaisement et le dialogue. Il réaffirme son attachement au respect de la Halakha, à la dignité des débats et à l’unité des communautés, soulignant que « les désaccords doivent toujours être traités avec dignité, écoute mutuelle et sens des responsabilités ».

« Les désaccords doivent être traités avec dignité et respect de la Halakha. »

Le rabbin annonce vouloir poursuivre ses engagements spirituels, éducatifs et communautaires, tant en France qu’à l’international. Il remercie les autorités rabbiniques, les responsables communautaires, les fidèles et les amis qui lui ont témoigné leur soutien, tout en saluant l’intervention de Haim Korsia contre sa révocation.

Plusieurs soutiens institutionnels internationaux se sont également manifestés. Une injonction provisoire du tribunal rabbinique des Pays-Bas a demandé la suspension du licenciement, tandis qu’un courrier officiel du Grand Rabbin d’Israël David Yossef réclame le respect de cette décision. Ces éléments ajoutent une dimension juridique et symbolique à un dossier déjà complexe.

Moché Lewin conclut par un appel à préserver ce qui unit plutôt que ce qui divise, rappelant que « la tradition juive nous enseigne que la dignité, la justice et le respect finissent toujours par ouvrir un chemin d’apaisement et de vérité ». Une posture qui contraste avec la violence des accusations portées à son encontre.

Un licenciement qui divise plus qu’il n’unit.

Le conflit autour de l’érouv du Raincy dépasse le cadre strictement religieux. Initialement conçu pour répondre aux besoins concrets des fidèles, ce dispositif est devenu le symbole d’un désaccord profond entre le Grand Rabbin Lewin et la direction du Consistoire. Les experts consultés par ce dernier ont validé la démarche, mais l’institution parisienne a choisi de s’y opposer fermement, entraînant une rupture aux conséquences encore incertaines pour la communauté.

Le poids des soutiens internationaux

La mobilisation en faveur de Moché Lewin dépasse les frontières françaises. Le tribunal rabbinique des Pays-Bas et le Grand Rabbin d’Israël David Yossef ont pris position en sa faveur, ajoutant une dimension transnationale à un dossier qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà du Raincy. Ces soutiens soulignent l’ampleur du réseau dont bénéficie le rabbin, mais aussi la polarisation croissante au sein du judaïsme européen.

Sources :
  • Times of Israel

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