Le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a vivement critiqué l'échec des gouvernements sur les valeurs de la République, à l'occasion d'une intervention sur CNews et Europe 1. Selon lui, les vingt dernières années ont été marquées par une succession de lois et de mesures judiciaires inefficaces face à la montée des violences racistes, antisémites et homophobes en France.
L'élu de la Somme, proche de Marine Le Pen, a notamment dénoncé le projet de loi porté par la ministre Aurore Bergé, présenté le 9 juillet et dont l'examen parlementaire doit débuter en octobre. Ce texte prévoit notamment des peines d'inéligibilité en cas de négation de crimes contre l'humanité ou de faits graves de racisme et d'antisémitisme.
Un héritage de lois inefficaces
Tanguy s'est opposé par principe à ces mesures, bien qu'il ait concédé la possibilité d'exceptions, comme l'indignité nationale. « Mme Bergé s'inscrit dans ce triste héritage d'une surenchère judiciaire ou législative pour cacher un échec total dans la lutte contre ces phénomènes toxiques de la société française », a-t-il asséné.
Le député a pointé du doigt la déscolarisation d'enfants juifs dans le service public, évoquant un phénomène qu'il juge trop souvent ignoré. « Depuis vingt ans, vous avez des enfants juifs qui sont déscolarisés dans le service public. Qui le dit ? », a-t-il interpellé.
Il a également alerté sur le retour d'une homophobie violente, souvent minimisée sous couvert de « pas de vagues ». « Qui est responsable du pas de vagues, du déferlement d'antisémitisme, de misogynie, d'homophobie, de racisme dans le pays ? Ce sont ceux qui prétendaient lutter contre, et c'est quand même très grave », a-t-il conclu.
Interrogé sur la position que le groupe RN, le plus nombreux à l'Assemblée nationale, adoptera lors du vote, Tanguy n'a pas tranché. Il a préféré dénoncer l'héritage des gouvernements successifs plutôt que de s'engager sur une ligne précise pour son parti.
Les peines d'inéligibilité au cœur du débat
Le projet de loi Bergé prévoit des sanctions renforcées contre les propos racistes et antisémites, mais aussi des mesures pour lutter contre les discriminations systémiques. Il sera examiné en commission puis en séance plénière à partir d'octobre, dans un contexte de tensions sociales accrues.
- Times of Israel
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