Sorti en pleine explosion des mascottes animales, Gex entendait se démarquer avec une approche résolument adulte et référencée. Entre Sonic, déjà quadragénaire, et Crash ou Croc en devenir, le gecko de Crystal Dynamics misait sur un scénario aussi improbable que révélateur de son époque : aspiré dans le monde cathodique par le sinistre Rez, le héros devait traverser des niveaux pastichant les genres télévisuels (horreur, kung-fu, cartoon) pour retrouver la paix de son canapé.

Un pitch télévisuel assumé

Le projet fut porté par Lyle Hall, aujourd’hui chez Heavy Iron, avec un scénario signé Rob Cohen, ex-scénariste de stand-up. Ce dernier infusa dans le jeu des dizaines de lignes de dialogue sarcastiques, tandis que Dana Gould, vétéran du Saturday Night Live, lui donna une voix nerveuse et inoubliable. Près de 300 lignes vocales furent enregistrées et diffusées aléatoirement pendant les niveaux, une trouvaille créative et technique rendue possible par le support CD.

En termes de gameplay, Gex restait un jeu de plateformes en 2D classique. Pourtant, sa singularité résidait dans l’utilisation de la morphologie du gecko : le personnage pouvait grimper aux murs, coller aux parois et donner des coups de queue pour se défendre. Un gimmick de level design qui, sans atteindre les sommets de Super Mario World, offrait une souplesse de déplacement rare dans le domaine du platformer 2D.

« Gex » n’était pas un jeu, mais une satire de la culture télé des années 90.

Le moteur maison de Crystal Dynamics, développé spécifiquement pour la 3DO, permettait des arrière-plans animés et des sprites d’une finesse remarquable pour l’époque. Le jeu fut ensuite porté sur PlayStation, Saturn et PC avec des variations mineures, mais son identité sonore et visuelle, à la limite du psychédélique, marqua durablement les esprits.

Avec le recul, difficile de trancher : Gex reste-t-il dans les mémoires pour ses qualités ludiques ou pour son ton irrévérencieux et son identité culturelle ? Certains fans célèbrent son esprit satirique, sa capacité à capter l’air du temps des années 90 et l’inventivité de son gameplay. D’autres le qualifient de « meme game » avant l’heure, un titre dont on se souvient davantage pour ses répliques cultes (« It’s tail time. », « Hey. It's Darth Vader's younger brother Myron ») que pour ses mécaniques de jeu.

Son humour sarcastique et ses répliques cultes ont marqué toute une génération.

Une identité sonore inoubliable

Le jeu citait Mission Impossible, Mariés, deux enfants ou la culture MTV, offrant un condensé de la télévision américaine des années 90. Pour ceux qui ont grandi avec ces références, Gex agit comme une capsule temporelle délicieusement satirique, avec un mauvais goût assumé et jubilatoire.

Sources :
  • Gamekult

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