Il y a précisément 17 ans, le 18 juillet 2008, Street Fighter IV débarquait comme un électrochoc dans les salles d'arcade japonaises. Le titre, considéré comme un projet risqué par Capcom, a pourtant marqué un tournant pour la franchise et l'industrie du jeu de combat.

Au milieu des années 2000, l'âge d'or des jeux de combat était terminé. Le dernier épisode en date, Street Fighter Ex 3, sous-traité chez Arika, n'avait pas suffi à relancer l'intérêt. Le producteur Yoshinori Ono a dû convaincre Keiji Inafune, alors chef de la recherche et développement chez Capcom, de valider le projet. C'est la réédition Street Fighter II' Hyper Fighting sur le Xbox Live Arcade qui a finalement fait basculer la décision.

Une mécanique révolutionnaire

Street Fighter IV alignait tous les atouts pour s'imposer. Sa direction artistique mêlait 3D et effets encrés, tandis que la bande-son de Hideyuki Fukasawa remixait les thèmes classiques avec brio. Les mécaniques de jeu, simples d'accès mais d'une précision redoutable, exigeaient une maîtrise à la frame près. Capcom y introduisait la Focus Attack, une technique permettant d'encaisser, de riposter ou d'annuler une animation pour enchaîner les combos.

Un pari audacieux qui a sauvé une franchise et redéfini les standards du genre.

Le jeu misait aussi sur des personnages inédits pour séduire tous les publics. Entre le luchador El Fuerte, l'agent secret Crimson Viper conçue pour séduire les fans de SNK, le Français Abel ou le colosse Rufus, chaque fighter apportait sa touche unique. Sans oublier Seth, le boss final au design chromé, emblématique de cette modernité assumée.

Avant la version définitive de Street Fighter IV, un projet alternatif avait failli voir le jour : Street Fighter IV Flashback, imaginé par David Sirlin. Ce concept, jamais concrétisé, proposait des contrôles simplifiés pour les coups spéciaux, une jauge permettant de rembobiner l'action, et même un mode aventure en 3D inspiré de God of War. Une audace qui n'a finalement émergé que plus tard, notamment dans Tatsunoko Vs. Capcom.

Huit ans après sa sortie initiale, Street Fighter IV et ses rééditions — Super Street Fighter IV, Ultra Street Fighter IV, et leurs portages sur mobile — cumulaient plus de 10 millions de ventes dans le monde. Un succès qui a ancré Ryu et Chun-Li comme piliers de l'entreprise, malgré les déboires ultérieurs de Street Fighter V. Un héritage qui reste gravé dans l'histoire du jeu de combat.

Street Fighter IV : le jeu qui a prouvé que la 3D pouvait rimer avec précision.

Les innovations de Street Fighter IV ont dépassé le cadre de la franchise. La Focus Attack, par exemple, a inspiré les mécaniques de Street Fighter 6 en 2023. Quant aux contrôles simplifiés proposés dans le projet avorté Street Fighter IV Flashback, ils sont devenus un standard de l'industrie, généralisés bien après sa conception.

L'héritage controversé

Malgré son succès commercial, Street Fighter IV n'a pas échappé aux critiques. Les rééditions successives, souvent perçues comme des extensions payantes, ont alimenté les débats sur les pratiques commerciales de Capcom. Pourtant, le titre reste un jalon majeur, ayant redonné un second souffle à une saga en perte de vitesse.

Sources :
  • Gamekult

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