Un drone s'est écrasé ce matin près de Kiev, endommageant plusieurs habitations en périphérie de la capitale ukrainienne. Les autorités russes, par la voix de leur porte-parole, ont immédiatement pointé du doigt l'escalade occidentale dans le conflit. « Les actions hostiles du Royaume-Uni en soutien à l'Ukraine pourraient avoir des conséquences catastrophiques », a prévenu la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, María Zajárova, lors d'une conférence de presse.

Le Kremlin rejette catégoriquement les rumeurs d'une attaque russe contre un membre de l'OTAN. « Dernièrement, beaucoup d'histoires de terreur sont publiées, mais elles n'ont rien à voir avec la réalité ni avec les intentions de la Fédération de Russie », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, lors de son point presse quotidien. Il a ainsi démenti toute planification d'une offensive contre un pays de l'Alliance atlantique, tout en accusant les Européens, et notamment Londres, d'adopter une « politique agressive » envers Moscou.

Londres dans le collimateur du Kremlin

Cette mise en garde survient après la publication par le Wall Street Journal d'un déplacement éclair du directeur de la CIA, John Ratcliffe, à Moscou. Selon le quotidien américain, cette visite aurait eu pour objectif de dissuader la Russie d'attaquer un territoire de l'OTAN. Une information que Moscou n'a pas confirmée ni démentie officiellement.

« La réponse à ces attaques pourrait toucher n'importe quelle installation britannique en Ukraine ou ailleurs. » — María Zajárova

En parallèle, la Russie a multiplié les signaux d'avertissement à l'encontre du Royaume-Uni. María Zajárova a réitéré la menace de représailles contre « toute installation ou équipement britannique en Ukraine ou ailleurs » en réponse aux attaques ukrainiennes menées avec des armes fournies par Londres. Une position qui s'inscrit dans la stratégie russe de riposte aux livraisons d'armements occidentaux à Kiev.

Les négociations de paix entre Moscou et Kiev, médiatisées par les États-Unis, restent au point mort depuis février. Dmitri Peskov a démenti toute information sur une potentielle nouvelle session de pourparlers en septembre, comme l'avait évoqué Kirilo Budánov, chef de l'administration présidentielle ukrainienne. « À ce jour, nous n'avons aucune information sur des plans concrets ou des échéances pour une prochaine ronde de négociations », a-t-il précisé, tout en confirmant la poursuite des contacts au niveau technique avec Washington.

Le chef du Service de renseignement extérieur russe, Serguéi Narishkine, a pour sa part reconnu avoir abordé des sujets « délicats » avec son homologue de la CIA. Le président russe, Vladimir Poutine, a quant à lui qualifié d'« exotiques » les dernières propositions ukrainiennes de cessez-le-feu et de trêve aérienne et maritime, accusant Kiev d'ouvrir « la boîte de Pandore » avec ses attaques massives contre l'arrière russe.

Moscou joue la carte de la dissuasion tout en évitant l'affrontement direct avec l'OTAN.

Dans les semaines précédentes, plusieurs pays européens — l'Allemagne, la Roumanie, la Pologne et les États baltes — ont signalé la présence de drones non identifiés au-dessus de leur territoire, attribués à Moscou. Une série d'incidents qui alimente les craintes d'une extension du conflit au-delà des frontières ukrainiennes.

Négociations au point mort, menaces en hausse

Peskov a réaffirmé que la Russie privilégierait toujours une issue pacifique, mais a rappelé que, « si cela n'est pas possible, l'opération militaire spéciale se poursuivra pour garantir la sécurité et les intérêts russes ». Une formulation qui résume la position actuelle du Kremlin : maintenir la pression sur Kiev tout en évitant une confrontation directe avec l'OTAN, tout en brandissant la menace de représailles ciblées contre les soutiens occidentaux de l'Ukraine.

Sources :
  • El Español

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