Benjamin Netanyahu a récemment sollicité l'appui des députés ultra-orthodoxes pour différer l'examen d'un projet de loi visant à exonérer les étudiants des yeshivot du service militaire, selon le site Behadrei Haredim. Le Premier ministre aurait justifié cette demande par l'absence de majorité parlementaire pour faire adopter ce texte, tout en invoquant les tensions sécuritaires persistantes sur plusieurs fronts.
Lors de discussions privées avec les principaux représentants haredim, Netanyahu aurait argué que le moment n'était pas opportun pour relancer ce dossier, alors que la coalition se concentrerait après les élections de 2026 sur la répartition des portefeuilles ministériels. Une stratégie qui permettrait, selon lui, de faciliter l'adoption d'une loi accordant des exemptions généralisées aux étudiants des yeshivot, malgré son caractère controversé.
Une coalition sous tension
Cette volte-face a immédiatement suscité des réactions contrastées au sein de la communauté ultra-orthodoxe. Moshe Gafni, chef de la faction Degel HaTorah au sein du parti Yahadout HaTorah, a qualifié l'information de « pure invention ». À l'inverse, Yitzhak Goldknopf, président d'Agudat Yisrael, a dénoncé un manque de sérieux de la part du Premier ministre.
Goldknopf a affirmé dans un communiqué que « Netanyahu n'a pas, et n'a jamais eu, la moindre intention d'honorer l'accord de coalition et son engagement envers les partis haredim ». Une déclaration qui illustre les tensions croissantes entre le Likoud et ses alliés ultra-orthodoxes sur ce dossier sensible.
Le projet de loi, qui vise officiellement à étendre la conscription au sein de la communauté haredi, consacre en réalité le maintien des exemptions pour les étudiants à temps plein des yeshivot. Un texte jugé juridiquement fragile et truffé de failles par de nombreux observateurs, y compris au sein de la coalition gouvernementale.
La Haute Cour israélienne a d'ailleurs rappelé en juin 2024 que l'exemption généralisée dont bénéficient depuis des décennies les étudiants des yeshivot haredim n'avait aucun fondement juridique. Une décision qui a renforcé la pression sur le gouvernement pour trouver une solution législative, sous peine de perdre des financements publics pour ces institutions.
Selon les dernières estimations, près de 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. L'armée israélienne, confrontée à un besoin urgent de 12 000 recrues supplémentaires, notamment pour des postes de combat, peine à combler ses effectifs en raison de la guerre menée sur plusieurs fronts.
L'enjeu des élections de 2026
Face à cette impasse, la procureure générale Gali Baharav-Miara a décidé la semaine dernière de priver les yeshivot ultra-orthodoxes dont les étudiants refusent de rejoindre l'armée de leurs exonérations fiscales. Une mesure qui s'ajoute à une décision récente de la Haute Cour, obligeant les agences gouvernementales à subordonner l'octroi de certaines prestations sociales à l'accomplissement du service militaire.
- Times of Israel
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