Les cours du pétrole ont chuté puis se sont redressés après des rapports évoquant un rapprochement entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre. Le baril de Brent, référence mondiale, est tombé à 97 dollars avant de remonter au-delà de 101 dollars, alors qu’il dépassait 108 dollars en début de journée. La Bourse de Londres et celle de Francfort ont clôturé en hausse de plus de 2 %, tandis que le CAC 40 français gagnait 3 %. Les indices asiatiques ont également terminé en territoire positif, et le S&P 500 américain progressait de 1 % en début de séance.
Ces mouvements de marché surviennent après une information d’Axios selon laquelle les États-Unis seraient proches d’un document d’une page mettant fin à la guerre et encadrant des négociations nucléaires détaillées. Quelques heures plus tard, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l’agence IRNA, indiquait que la proposition américaine de mettre fin au conflit était encore à l’étude.
Un accord en vue malgré les tensions persistantes
Les prix du pétrole restent bien supérieurs aux 70 dollars le baril observés avant le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a perturbé la production et le transport d’or noir dans la région. Au cœur des tensions figure la menace iranienne d’attaquer les navires pétroliers traversant le détroit d’Ormuz, en représailles aux frappes américano-israéliennes depuis le 28 février. Ce passage stratégique, par lequel transite environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz, est partiellement bloqué depuis plusieurs semaines. Les cours du gaz naturel ont également fortement augmenté depuis le début du conflit.
Les Bourses européennes restent en retrait par rapport à la fin du mois de février, tandis que le S&P 500 américain affiche une progression. Les principaux marchés asiatiques ont tous progressé mercredi, avec le Kospi sud-coréen en tête (+6,45 %), suivi du Hang Seng hongkongais (+1,22 %) et du Nikkei japonais (+0,38 %). Le Hang Seng reste en baisse depuis le début du conflit, contrairement aux deux autres indices.
Le 8 avril, un cessez-le-feu avait été conclu entre les États-Unis et l’Iran, provoquant une chute des prix du pétrole et une hausse des marchés actions. Mais dimanche, le président américain Donald Trump avait annoncé que l’armée américaine guiderait les navires dans le détroit d’Ormuz, sous le nom de « Projet Liberté », ce qui a relancé les attaques dans la zone, menées à la fois par l’Iran et les États-Unis. Mardi, sur les réseaux sociaux, Trump avait indiqué suspendre temporairement cette opération « pour voir si l’accord peut être finalisé et signé ». Il avait ajouté que « des progrès considérables » avaient été réalisés vers un accord « complet et définitif » avec les représentants iraniens.
Les États-Unis maintiennent le blocus des navires transitant vers ou depuis les ports iraniens, une mesure visant à exercer une pression économique sur Téhéran. Mercredi, Axios rapportait que Washington serait proche d’un mémorandum d’entente d’une page pour mettre fin à la guerre, selon deux responsables américains et deux autres sources informées. Ce texte déclarerait la fin du conflit et ouvrirait une période de 30 jours de négociations pour rouvrir le détroit, limiter le programme nucléaire iranien et lever les sanctions américaines. Ces informations suggèrent que les deux parties n’ont jamais été aussi proches d’un accord depuis le début des hostilités.
Les États-Unis attendraient une réponse iranienne sur plusieurs points clés dans les 48 heures. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a également déclaré mardi que l’offensive initiale américano-israélienne en Iran était terminée, les objectifs de Washington ayant été atteints. « Nous préférons la voie de la paix. Ce que le président souhaite, c’est un accord », a-t-il affirmé. L’Iran n’a pas réagi à ces déclarations. Le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, avait auparavant déclaré : « Nous savons bien que le maintien du statu quo est intolérable pour l’Amérique, alors que nous n’avons fait que commencer.
Les marchés financiers réagissent à l’espoir d’une issue diplomatique
Le « Projet Liberté », présenté par Trump comme un moyen de faciliter le passage des navires dans le détroit, a mis à l’épreuve le cessez-le-feu entre les parties. Les États-Unis affirment avoir frappé plusieurs « vedettes rapides » iraniennes dans le détroit, tandis que les Émirats arabes unis accusaient l’Iran d’avoir lancé des frappes contre l’un de leurs ports pétroliers, une allégation démentie par Téhéran.
- BBC News
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


