Les chiffres s'affichent avec une précision implacable : jusqu'à 6,2 milliards d'euros par an pendant vingt ans pourraient être nécessaires pour assainir les sols et les eaux contaminés par les PFAS en Europe. Selon les projections les plus pessimistes, cette somme équivaudrait à 1,1 % du PIB annuel de l'Union européenne. Une facture colossale qui interroge sur la capacité des États membres à y faire face sans alourdir davantage la dette publique.
L'ampleur d'une pollution aux conséquences durables
L'étude, commandée dans le cadre de la préparation d'un fonds spécifique aux PFAS, révèle que le scénario le plus extrême implique des dépenses continues sur deux décennies. Les PFAS, ces composés chimiques persistants utilisés dans de nombreux secteurs industriels, posent un défi sanitaire et environnemental majeur. Leur élimination exige des technologies coûteuses et des opérations de grande envergure, souvent longues à mettre en œuvre.
Les experts soulignent que la contamination par les PFAS ne se limite pas à quelques sites isolés. Les sols agricoles, les nappes phréatiques et les cours d'eau sont concernés dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Les autorités locales et nationales se retrouvent contraintes d'intervenir rapidement pour limiter les risques pour la santé des populations exposées à ces substances.
Le coût annuel de 6,2 milliards d'euros ne couvre que les dépenses directes de dépollution. À cela s'ajoutent les frais indirects liés aux indemnisations des victimes, aux pertes économiques pour les agriculteurs et aux coûts sanitaires pour les systèmes de santé. Une équation budgétaire qui pourrait peser lourdement sur les finances publiques des États concernés.
La Commission européenne, alertée par ces projections, envisage de créer un fonds dédié pour mutualiser les efforts entre les pays membres. L'objectif est d'éviter que certains États ne supportent seuls le poids financier de cette crise environnementale. Les négociations sur la répartition des contributions et l'attribution des aides sont déjà en cours, mais les désaccords persistent quant à la répartition des responsabilités.
Un fonds européen pour éviter l'effondrement des budgets nationaux
Les associations environnementales réclament une action immédiate et une transparence totale sur l'étendue réelle de la contamination. Elles pointent du doigt le manque de données précises et l'absence de coordination entre les pays. Pour elles, l'urgence n'est pas seulement financière, mais aussi politique et sanitaire.
- HLN
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