Freeze Corléone, déjà accusé d’antisémitisme par le passé et écarté par son label Universal, a été condamné pour une chanson sortie en 2024. Dans ce texte, il s’identifie à l’auteur de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice, qui avait fait 86 morts. La justice a retenu l’apologie du terrorisme, une infraction punie par la loi.

La condamnation, prononcée lundi, intervient après des années de polémiques autour du rappeur. Son ancien label, Universal, avait rompu tout lien avec lui en raison de ses prises de position controversées. La décision judiciaire s’appuie sur un texte où Freeze Corléone puise dans des références historiques marquées par la violence extrême : plus de 80 morts à Nice il y a dix ans, et six millions d’êtres humains exterminés en Europe il y a quatre-vingts ans.

Une condamnation aux références historiques troubles

L’avocat général avait souligné lors du procès que les victimes de ces massacres, qu’elles soient issues de l’attentat de Nice ou de la Shoah, constituaient pour le rappeur une « matière première » à exploiter dans ses textes. Une expression reprise du philosophe Vladimir Jankélévitch, rescapé de la Shoah et lui-même victime des persécutions antisémites sous le régime de Vichy.

Le tribunal a rappelé que l’extermination des Juifs par les nazis avait commencé dès les années 1930, avant de s’amplifier massivement. Il a également souligné que la première victime de l’attentat de Nice en 2016 était une femme de confession musulmane, mère de plusieurs enfants, rappelant que la barbarie ne connaît ni religion ni frontière.

René Cassin, Niçois et juriste de la France libre, avait œuvré pour l’inscription de la dignité humaine dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cinquante ans après sa mort, son héritage est aujourd’hui confronté à l’utilisation de ses valeurs par un artiste qui en détourne le sens. Universal, ancien label de Freeze Corléone, a rompu avec lui en invoquant une rupture nette avec ses principes.

Le procès a mis en lumière la frontière ténue entre liberté d’expression et incitation à la haine. Les familles des victimes, qu’elles soient de Nice ou des camps nazis, voient dans les textes de Freeze Corléone une insulte à leur mémoire. Aucune trace de compassion ou de remords n’a transpiré de ses performances, selon les observateurs.

L’héritage de René Cassin face à la provocation artistique

La condamnation de Freeze Corléone soulève une question plus large : jusqu’où peut-on pousser la provocation artistique sans franchir la ligne rouge de la loi. Entre référence historique et glorification du terrorisme, le tribunal a tranché en faveur de la protection des victimes et de la mémoire collective.

Sources :
  • Causeur

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