Le 9 avril, la procureure du district de Queens, Melinda Katz, a annoncé l'inculpation de Roman Amatitla pour incendie volontaire et huit chefs de meurtre au second degré. L'homme est accusé d'avoir provoqué un incendie dans un immeuble de Flushing qui a coûté la vie à quatre personnes, dont une fillette de trois ans. Dans un communiqué, Katz a qualifié l'acte de « massacre ».
Une loi sanctuaire bientôt renforcée à Albany
Les services américains de la Sécurité intérieure (DHS) ont révélé qu'Amatitla était entré illégalement sur le territoire américain à une date et un horaire inconnus. Malgré la gravité des faits et son statut irrégulier, le département correctionnel de New York (NYDOC) a confirmé son refus de collaborer avec l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) pour organiser son expulsion.
Les documents transmis par le DHS montrent que le NYDOC a même refusé de transmettre à l'ICE les informations sur une éventuelle libération d'Amatitla. Cette position s'inscrit dans un contexte législatif local de plus en plus hostile aux contrôles migratoires. Une loi sanctuaire, actuellement en discussion à Albany, pourrait renforcer cette tendance en interdisant toute coopération entre les autorités locales et l'ICE.
L'affaire illustre les conséquences concrètes des restrictions imposées par l'administration Biden en matière d'immigration. En septembre 2021, l'ancien secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, avait restreint les pouvoirs de l'ICE pour arrêter et expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits criminels. Ces restrictions imposaient aux agents de prendre en compte des critères comme l'état mental des suspects avant toute investigation.
Selon un mémo accompagnant ces mesures, ces directives visaient à « promouvoir l'équité pour tous, y compris les personnes de couleur et celles historiquement marginalisées ». Une rhétorique qui assimile, selon ses détracteurs, le respect des lois migratoires à une forme de discrimination. En janvier 2025, le Congrès avait pourtant adopté à une large majorité le « Laken Riley Act », une loi nommée en hommage à une jeune femme victime d'un crime commis par un clandestin, visant à renforcer les expulsions des étrangers dangereux.
Les restrictions de l'ère Biden : l'équité avant la sécurité
Les défenseurs des lois sanctuaires justifient leur position par l'argument selon lequel un citoyen et un étranger doivent subir les mêmes peines pour un même délit. Or, seul l'étranger encourt une peine supplémentaire : l'expulsion. Pour éviter une « iniquité », les lois sanctuaires protègent donc les étrangers de toute mesure d'éloignement. Une logique que peu osent défendre ouvertement, à l'exception de certains élus comme Steve Descano, procureur en chef du comté de Fairfax en Virginie, qui a écrit sur son site de campagne que « si deux personnes commettent le même crime mais que l'une d'elles encourt en plus une expulsion, c'est une perversion de la justice ».
- New York Post
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