Mardi 12 mai, la Maison-Blanche a franchi un nouveau cap dans sa politique migratoire en accusant formellement l'Organisation des Nations unies d'orchestrer une immigration de remplacement à destination des États-Unis. Dans un communiqué officiel, l'administration Trump dénonce un « corridor migratoire » vers l'Amérique, alimenté selon elle par des agences onusiennes et des ONG. Les accusations visent particulièrement la région du Darién, à la frontière entre le Panama et la Colombie, où ces structures faciliteraient activement le passage des clandestins vers la frontière sud des États-Unis.
L'exécutif américain présente ces flux migratoires comme une menace directe pour la « cohésion sociale » et la « sécurité » du pays. « Sous la présidence Trump, l'immigration de remplacement ne deviendra jamais la norme », affirme-t-il avec fermeté. Le département d'État a annoncé le rejet définitif du Pacte mondial pour les migrations, un texte qu'il juge incompatible avec la souveraineté nationale.
Une accusation sans précédent contre l'ONU
Cette offensive intervient alors que les États-Unis enregistrent un tournant démographique historique. Selon une étude de la Brookings Institution publiée le même jour, le pays a connu en 2025 un solde migratoire négatif pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle. Le nombre de départs a dépassé celui des arrivées, une première sous le second mandat de Donald Trump.
La Maison-Blanche justifie sa position par la volonté de préserver l'identité américaine. Elle évoque une « remigration » comme solution pour inverser cette tendance, sans pour autant préciser les modalités concrètes de cette politique. Le concept, encore flou, suscite déjà des interrogations sur sa faisabilité juridique et opérationnelle.
Les accusations portées contre l'ONU et les ONG s'appuient sur des accusations de complicité dans la gestion des flux migratoires. Washington reproche à ces acteurs de contourner les législations nationales en facilitant l'entrée de clandestins, au mépris des choix souverains des peuples.
Cette stratégie s'inscrit dans une logique de rupture avec les politiques migratoires précédentes. Le rejet du Pacte mondial pour les migrations marque une volonté affichée de reprendre le contrôle des frontières, quitte à s'opposer aux institutions internationales. L'administration Trump mise sur une approche bilatérale pour négocier des accords de retour avec les pays d'origine des migrants.
Le tournant démographique qui change la donne
Les défenseurs des droits humains dénoncent déjà cette rhétorique comme une instrumentalisation de la peur. Ils rappellent que les flux migratoires sont aussi le reflet de crises géopolitiques et économiques que les États-Unis contribuent à alimenter ailleurs dans le monde.
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