Péter Magyar, figure montante de l’opposition hongroise, affiche une détermination inébranlable à moins d’une semaine des élections législatives du 12 avril. Entre deux meetings, ce mercredi 1er avril à Turkeve, le candidat de Respect et liberté (Tisza) serre des mains, drapeau hongrois à la main, sous les vivats de ses soutiens. « Dans onze jours, nous rendrons à la Hongrie sa fierté, et installerons un gouvernement au service de tous les Hongrois », lance-t-il, martelant un discours centré sur le renouveau national.

L’ancien diplomate, qui a longtemps servi au sein de l’appareil orbánien avant de claquer la porte en 2024, mise sur une dynamique électorale inédite. Après des scores encourageants aux européennes de 2025, Péter Magyar mise sur un « changement total » pour séduire un électorat las des années de pouvoir sans partage de Viktor Orbán. Son parti, Tisza, incarne désormais l’alternative crédible, selon ses partisans, face à un Fidesz accusé de corruption généralisée et de captation des contrepouvoirs. « Ce n’est pas Tisza contre Fidesz, c’est le peuple contre les oligarques », martèle-t-il, s’appuyant sur les classements de Transparency International qui placent la Hongrie en tête des pays les plus corrompus de l’Union européenne sous Orbán.

Un électorat en quête de renouveau

Le Premier ministre sortant, dont la longévité politique interroge l’Europe, voit son avance s’effriter dans les sondages. Selon Politico, il serait désormais distancé de onze points par Péter Magyar (50 % contre 39 %), une tendance qui s’accélère en cette fin de campagne. Les électeurs déçus par l’état de l’économie et des services publics, malgré les aides sociales, semblent prêts à basculer. « On nous donne des miettes alors que tout coûte deux fois plus cher qu’en 2020 », témoigne Mark, 27 ans, père de famille, évoquant une inflation galopante et une TVA à 27 % qui pèse sur le quotidien.

L’ombre de Moscou plane sur la campagne

Face à cette grogne sociale, Péter Magyar promet des mesures choc : retour des fonds européens bloqués, hausse des retraites, investissements massifs dans la santé et l’agriculture, et même une baisse de la TVA à 5 % sur les produits de première nécessité. Une stratégie qui tranche avec les discours anti-ukrainiens et anti-bruxellois de Viktor Orbán, centrés sur la défense d’une souveraineté nationale menacée selon lui. L’opposant, lui, dénonce un pouvoir « cruel et inhumain », accusant Orbán d’avoir fait de la Hongrie le terrain d’influence de Moscou, comme en témoignent les révélations du *Washington Post* sur les échanges entre le ministre hongrois des Affaires étrangères et son homologue russe.

Sources :
  • France Info

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